IJISTOIRE SOCIALISTE 713 à l'indignité de vous tenir captif au milieu de votre capitale ajoute laperlldic ùe vouloir que vous dégradiez ,·otre trône de vos propres mains, nous nous empressons d'apprendre à Votre ~lajesté que les puissances donl nous avons réclamé pour elle les secours sont déterminées à y employer toutes Jeurs forces... Dans votre malheur, Sire, vous avez la consolation de voir toutes les puissances coopérer à les faire cesser, et votre fermeté, dans le mornenl critique où vous èles, aura pour appui l'Europe entière. Les intentions des souverains qui vous donneront des secours sont aussi droites que le zèle qui nous a fait les solliciter. Le but des puissances confédérées n'est que de soutenir la partie saine de la nation contre la partie délirante, el ù"éteindre au sein clu royaume le volcan du fanatisme dont les éruptions propagées menacent tous les empires ... Toul Paris doit sarnir que si une scélératesse fanatique ou soudoyée osait allenler à vos jours ou à ceu'< de la reine, des armées puissantes chassant devant elles une milice faible viendraient au<sitôt fondre sur la vil{e q11ia11rail attiré sw· elle la ve11qea11cede l'univus ... .\'om deVOIIS cepe11da11v/o11sannoncer que, si des motifs qu'il nous es/ ù,ipossible d'apercevoir forçaient votre main de souscrire une acceplfllion que votre cœur rejelte, nous protesterions pour vous-même, Sire, en protestant pour vos peuples, pour la religion, pour les maximes fondamentales de la monarchie el pour tous les ordres de l'Etat. :"ious obéirons, Sire, à vos véritables volontés en résistant à des défenses e.dorquées et nous serons sôrs de votre approbation en suivant les lois de l'honneur . • Signé: LOUJS·STANISLAS·XA \"IE!l (Comte de Provence) . • CDARLES-PlllLIP(CPEomte d'Artois). • Au château de Schœnburnstast, près Coblenlz, le tO septembre 1701. • C'est une lettre insensée. On ne pouvait jouer plus témérairement avec la vie du roi, que ces menaces furibondes pouvaient mettre en péril. Et, pour le roi même, la lettre était o!Tcnsante. Les princes lui reprochaient en somme comme une lâcheté, !"acceptation éventuelle de la Constitution: ils déclaraient n'en pas apercevoir les motifs. El ils jetaient sur celle acceptation qui, même hypocrite, ne pouvait servir le roi qu'à condition de paraitre sincère, un soupçon public de fraude. Douillé, après Varennes, avait déjà écrit à l'Assemblée une lettre délirante et sans dignité, où il appelait les Français brigands et anthropophages et les menaçait de la destruction par les armes de l'étranger. Qu'allait dire Paris cette fois de cette nouvelle menace, lancée par les frères mêmes du roi? Louis XVI fut pris d'épouvante, et il essaya de dé• tourner le coup en adressant au baron de Breteuil une lettre publique : « Je suis informé, Monsieur le baron de Breteuil, que mon très cher frère, Monsieur, comte de Provence, trompé sur ma véritable situation el me croyant dans les
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