Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

742 llISTO!RE SOCIALISTE c~uc foi>, c·e,l Ouporl el Barna l'e qui garùèrenl le silence. Mirabeau ne sri:lit I oiol re,lé immobile cl muel sous de tels outrages et de ,i dangereu,e:; accu-a lions. Darna1e n'a1ait-il donc point un suffi,anl res,orl? ou bien élailil r11l'ikl comme inlrrdil par ses relations secrètes avec la Cour? Sentait-il lui méme le péril que si Aprement Robespierre dénonçait? L.1Constitution ful portée au roi le 3 septembre par urre députation de soixante membres; le roi l'accepta le 13 et le lendemain 14, il vint une fois de plus jurer llùélilé à la nation el à la loi. Il y eul des fêles dans Paris. Au même moment continuait la correspondance secrèle de la famille royale a1·1•c Fer:-en el les cours étrangères. Celles-ci, efîrayées par les événemenls de Varennes el commençant à redouter la propagande rérnlulionnaire, s'cngageaienl par de mystérieuses con1ention, sur le chemin de la guerre. Le Z7 aoOt, à Pilnitz, l'empereur d'Autriche el le roi de Prusse signaient une déclaration rameuse qui esl le premier acte officiel de la coalition conlre-révolulionnaire: « Sa Majesté )'Empereur cl Sa ~laje,té le roi de Prusse ayant entendu les dé~irs el les représentations de Monsieur el <le ~1. le comte !l'Artois, se déclarent conjoinlemenl qu'elle, regardent la situation où se trouve actuellement le roi de France com111P 1111 o{Jjrl d'un intér,11 comnum à lous les soucerains de l'E11ropP. Elles e,1,èrenl que cet intérêt ne peul manquer d'être reconnu par les puissances dont le secouro est réclamé el que, en conséquence, elles ne refuseront pas d'employer, conjointement avec leurs dites Majestés, les moyens les plus efficace, relalil'emenl à leurs forces, pour mettre le roi de France en étal d'affermir, dans la plus parfaite liberté, les bases d'un gou,·ernemenl monarchique également convenable aux droits des souverains cl au bien-ôlre de la nation française. Alors el da11sce cas, leurs dites Majestés, )'Empereur el le roi de Prus,e, sont résolues d'agir promptement d'un mutuel accord, avec les forces nccessaires, pour obtenir le bol proposé en commun. « En attendant, elles donneront à leurs troupes les ordres convenables pour qu'elles soient en étal de ~e mellre en aclivité. • A Pilnitz, le Z7 aoOt 1791. • Signé: LÉOPOLD,l'RÉDÉRIC·G~ILLACME, • Ce n'était pas l'intervention imm6diate. Visiblement, les souverains hésitaient puisqu'ils subordonnaient leur entrée en campagne à l'adhésion de plu,ieur3 autres puissances. :\lais quelque incertain encore que rot cet engagement des ~ournrains, les princes chefs de l'émigrallon avaient hAté de la raire connaitre au monde: el, avec une imprudence el une inconscience inouïes, le comte de Provence el le comte d'Artois écrivirent à Louis X\I une lellre publique qui pouvait soulev~r contre lui toute la Fr,nee. • Sire, notre Seisnour el frère, lorsque l'Assemblée qui vous doit l'ellistence

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