741 IIISTOII\E SOCIALISTE chaine,, a cru devoir établir une autorité centrale destinée à régir mon empire, comme si le trône était vacant ou en minorité. Les choses, avec la permission de Dieu, ne sont point ainsi; à quelques orages près, je jouis de la liberté nécessaire à un prince, el moi seul dois do!lller des ordres dans mon Etat. Vous voudrez donc bien, Monsieur le baron de Breteuil, dès la réception de la présente, vous transporter à Vienne, auprès de notre puissant el cher frère !'Empereur, pour lui communiquer nos intentions. Vous agirez de même auprès de toutes les têtes couronnées pour les supplier de ma part en mon nom de n'admettre ni reconnatlre la susdite régence. Les actes de celle autorité contradictoire n'aboutiraient qu'à irriter davantage mon peuple el le porteraient infailliblement aux derniers excès contre moi. • C'est le cri de la peur: mais la peur, du moins depuis Varennes, avaitelle assagi Louis XVI? L'avait-elle décidé enfin à accepter sans arrière-pensée de résistance el de trahison la Constitution à laquelle il allait jurer fidélité• JI continue au con traire ses négociations obscures el son double jeu: toujours redoutant les imprudences des émigrés el des princes. mais toujours sollicitant Je secours de l'étranger. Dès Je Z7 juin, peu de jours après Varennes, Fersen écrit de Bruxelles à Marie-Antoinette une lettre chilîrée: • Le malheur qui vient d'arriver doit changer entièrement la marche des affaires, el si l'on persiste dans la résolution où !"on était, de faire agir pour soi, ne Je pouvant plus soi-même, il est nécessaire de recommencer les négociations el de donner à cet elîel un plein pouvoir. JI faut que la ma,se des puissances qui agira soit assez forte pour en imposer el préserver ainsi des jours précieux. Voici les questions auxquelles on doit répondre: • 1• Veut-on qu'on agisse malgré toutes les défenses qu'on serait dans le cas de recevoir? « 2° Yeul-on donner les pleins pouvoirs à i\lonsieur ou au corole d'Artois? « 3° Yeul-on qu'il emploie sous lui Je baron de Breteuil ou confie-l-on à M de Calonne, ou veut-on lui en laisser le choix? • Et Fersen adresse au roi une • forme des pleins pouvoirs», qui aurait élé l'abdication de Louis XVI aux mains de ses frères. « Etant détenu prisonnier dans Paris, el ne pouvant plus donner des ordres nécessaires pour rétablir l'ordre dans mon royaume, pour rendre à mes sujets le bonheur el la tranquillité, et recouvrer mon autorité légitime, je charge Monsieur el à son défaut le comte d'Artois, de veiller pour moi à mes intérMs et à ceux de ma couronne, donnant à cet effel des pouvoirs illimilés; j'engage ma parole royale de tenir religieusement el sans restriction tous les engagements qui seront stipulés avec lesdites puissances: el je m'engage à ratifier dès que je serai en liberté tous les traités, conventions 011 autres pactes qu'il pourrait contracter avec les différentes puissances qui voudronl
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