Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

ll!STOII\E SOCI.\ LISTE G:Jl ce-, on doit regarder CP1,/"n comm• atrélé cl prrndre garde qu'il ne ,oil contrarié par des idée, di:'p,,rales; c'est pourquoi Leur, )la;,•,lé, rloi\'ent éviter a,e,· "rand soin de ,li viser la confiance el de multiplier Je,-enlrembcs, aianl déj;\ éprouvé que celle manière d'agir ne servait qu'à nuire, retarder cl crnOarra,,.~er. » Le corn le tl'Arlois \'OU la il être seul à diriger la lutte contre la llé,·olution: j<'u étrange de, ambitions el des intrigue, autour d~ roi, ver;; lequel s'allonge déjit J'ombre d'un de-lin tragique! Les raisons donnée:; par le cornl<•d'Artois contre le départ du roi sont rni,rrables: car si les événement,; du 18 avril ont conduit le roi à ag~ravcr -on syslèmi, de mensonge, à assurer la France cl le monde de son amour pour une Conslilulion haït', en quoi cela peul-il fixer le roi h Paris? Est-ce que le comte d'.\rlois ne couscille pas au roi un mensonge plus odicu~ encore s'il est possible, une plus vile rl plus scélérate hypocrisie? Appeler les armées étranghes pour écra•er la Constitution el la lil>erté, el en m:•me temps ,e donner au peu ph' a Toi,' par lïn\'asion comme le médiateur el le -auveur nt'Cl'Ssaire, quel manèg<' plus l'l'pugnanl? Aussi l>icn, la note du 20 mai n·n,t aucun effet ·sur Loui, X \'I, si m~me ell<' ful connue de lui autrement que par un me,sage verl>al. Dès la fin d'anil. commr il ré-mile cles lellres de Bouillé à Fer.,en, le départ était si bien dé,·iùé que Bouillé el Fcr:;en s·ernploiaienl dès lors à déterminer l'itinéraire. L,· roi se disait qu'il obligerait bien l•s sou,crain~ de l'Europe à se prononcer pour la monarchie contre la démocratie. ~lais a"ail-il arrN& un plan de politique intérieure ou, cornme on <.lira plus lard, un plan de Restauration? Quelle conduilr Louis X\'!, vainqueur de la France ré,olutionnaire, tien<lrail-il envers la Révolution? S· s ide-es étaient très flottantes. Une seule chose est sûre, c'est que landi:; qur le comte d'Artois cherchait à devenir le grand chef de la Contre-Révolution cl (t supprimer toulr autre influence, le baron de Breteuil, de son côté. aspirait à devenir le ministre dirigeant, le haut conseiller el le haut gui,le de la monarchi' restaurée en son plein pouYoir. Il écrit le 30 avril : « Comme il est impossible, quelque diligence que je pubse faire, que Je roi ne soit pas plusieurs jours avant moi au lieu où il devra se rendre; je demande qu'excepté le, opérations militaires, sur lesquelles il importe de ne gêner ni retarder les ,ues du 1,;énéral (Bouillé), Sa .l/ajPs/é ,;ruille bien nP prendre aucune résolution sur les personnes et sw· les clw,,s at'ant que j'aie pu pre11dre ses ordl'es. Rien n'est plus essentiel pour le serrice du roi, que d'éviter les démarches précipitées sur lesquelles il faudrait peulêtre revenir. « J'oserai ajouter qu'il ne l'est prts moins que Sa .llajr•<t,' (11<.<e co11nr1itre jlNJIIP dm1S les moindres détail~ l'étenduP de la con/ia11cedo11t elle 1·ouf/rait m'ltonorer dans la conduite des a If aires. Le roi pourrait voir celle demande de

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