Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

600 JlISTOJnE SOCI.\LISTE en ,'épcnilcnl. Si la démocratie n·est pas arriltie dans ses pas au.s.siprécipit1Js q1t"effrn!J"hles.a11r111tr1dne ne peul 7,lu.s rPpnsP>" .rn,· drs br1srssolides ... • c·e,L l'appel il l'or de !"étranger comme à sa forrc militaire. El <le plus, cle !lrelcuil exqui,se une double comhinabon : d'abord la fuite du roi ,enant prcndrP le commaHlemenL des troupes aulrichirnne,, croate•. sarde<; ou. ,i Hva~ion du roi c,L impos,ib\e, un manifeste menaçant ,le• pui~sance,, suid ,rune inlervcnlion armée. L<'•o1iolclh,ésitant rncore, se dérobait, C't ce qui l'y aidait, c·c,t la ,Iualité de l'intrigue conlre-révolulionnaire. L" 3 mai, ~r. de Brt•tr·uil. par l'inlermé,liaire de ~!. de BomlH'lles, remellail il n:111:>ereur le mémoire que j"ai cité, concluant avant tout a1J Mpart du roi. Le ~o mai, à )lantone, le comte d'Artois :tl'ait a,ec L<'opold une ronvcr,alion dont Jrs rr-nclu:-ions sont fix,'e, dans la fameu,e note rcprorlnile par Bcrlran,\ de 1101\e,il!,•. Or, rctle note, qui promellait une intencnlion cle lrcnlc-cinq mille homme, à la fr(lntière de Flan,lre cl dr quinze mill,• homme, à la fronli~re de Dauphiné el qui annonçait pour la fin de juillet une prolestalion collective de la mai-on ùe Bourbon, déconseillait neltrmenl la fuite. « Quoique l'on ait désiré jusqu'à présent que Leur, ~Jajeslé< pussent <•llesm~me, se procurer leur lihcrt6, la -ilnation rm'scntc engaC(r à lrs rnpplicr très in,tammrnt de n'y plus songer. Leur po-ition est hicn dilîérente de cr qu·<'lle était avant le 18 avril, avant que le roi eût él6 forcé d'aller à J"A,scmhlér <·l de faire (•crire la lellre aux arnha,s,uleur,. « L"uniquc objet <1011Lt eurs )lajrstés doivent s'occnper est d'employer tow, Je, moyt•ns pos,ihle, 11au~mrnter leur I opularilé, pour en lirer parti qnand le moment srra venu, ,·t clcmanière que le peuple, clTrayé il l'approche des arm{•rs étran",ères, ne ,oie son salut que dans la m•·dialion du roi el dans sa ,oumis,ion à l"aulorité de Sa ~lajrsté: tell,• est !"opinion tic ]'Empereur. JI allache uniquement,, ce plan de cunduite le succès de, mesures qu'il a a,!optées, et il demande surtout qu·on éloigne lüutc autre idée. Ce qui arri,erait it Leurs 1laje,tés si, dans leur fuite, elles ne l OU\aiénl échapper il la sur1eillance barbare lt•s fait frémir d"horreur. Sa 1lajcslé croiL que la sauvegarde la plus ,ùrc est dans le moul'emenl des armées des puis-ances, précédé 1,ar des manifeste, menaçants. • Beaucoup d"hi,toriens ont accordé à celle note hicn plu, de valeur qu·cne n·en a. Ce n'est poinl là la pensée ferme cl le plan de !'Empereur : il n·a1·,1il qu·un plan : gagner du lemµ~. El ,oilà pourquoi il parais-ail se rallier à !"idée du comte d'Artois qui, en retardant le départ du roi, ajoun1ail par là même le prohlllme. Entre la politique co11lradicloire du \Jaron de Breteuil el du cornle d"Artois, !'Empereur s'échappait. Le comte d"Arloi~, qui l'a évb!emment inspirée ou même rédigée avec l'approlJalion plus ou moins ,aguc de \"Empereur, s'applique d"ail\eurs à suhurùonner Louis X\'J, à le lier:« Toul étant ainsi combiné avec les·puis,an-

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