()02 HISTOIRE SOCIALISTE mon cèle le plus pur sous le ;ourde l'ambition; je serais dès cet ins/a,;t inca• pable de devenir de quelque utilité dans la situation difficile où se t,·ouve le royaume.» C'est le marché en main : ou le roi s'engagera avec précision el jusque dans les moindres détails à assurer au baron de Breteuil le plein pouvoir mi• nislériel, ou le baron de Breteuil, qui délient tous les secrets du roi dans une négociation difficile et redoutable, se considérera brusquement comme inu• lile et cessera ses services. Les hommes du peuple qui insultaient le roi sur la place du Carrousel lui témoignaient à coup sOr moins de mépris que ce grand seigneur qui lui demandait avec menaces et presque avec chantage un blancseing ministériel. Au demeurant le roi était pris entre des plans de réaction forcenée el des plans de réaction plus modérée. Le roi de Suèùe, fanfarc,n d"absolutisme el fier-à-bras de la royauté, trace à Louis XVI un programme délir~nl de contre-révolution. La lellrc du baron de Taube au comte de Fersen, datée de Slockolm, 6 mai 171l1esl un monument de folie furieuse. « ~Ion cher ami, le roi (de Suède) m'a ordonné de vous dire qu'il vous charge d'assurer le roi et la reine de France quïl emploiera tous les moyens possibles pour lâcher de les secourir. Son avis - en attendant qu'il puisse faire une réponse aux demandes que lui portera le courrier de Stedingk - est, si lew·8 .llajestés peuvent se sauver de Paris, de faire tout de suile conroquer tous les Parlemenls et déclarer l'Assembli'e nationale illi'{Jale,usurpatrice des droits du trline et de la royauté, de déclarer les individus rebelles el traitres à la patrie; D0 0ROONNER DANS TOUT LE ROYAUME DE COURIR sts; dP rappeler toutes les {}rondes charges et les chefs de l'année, qui ont ,:u!obli{JPSdese sauver !tors de la patrie, ainsi que tous les évêques; de rétablir tout comme c'était avant la Révolution, fi de ,·emettrc le clergé dans leur ancien ré{Jime et culte; rétablir les trois ordres de l'Etat qui ont été confondus, par une usurpation de l'Assemblée nationale, mais déclarrr en même temps qu'il n'y aura pas de distinction ni de différence entre les trois ordres pour le payement des impdls; - de faire arrêter le duc d'Orléans, le faire ju{Jer el condamner par un des Parlements et ne point lui fafre {Jtdce; - de faire rentrer surtout l"armée dans la discipline et la suboi·dination la plus absolue et point ménager les exemples les plus rigoureu.c pow· les y conti·aindre; - enfin ne point faire de compositions avec qui ce soit, ne faire aucun {JOUvernementmixte, mais remettre la royauté dans toute sa puissance; s'ÉLOIGN.ERA JAMAIS DE PARIS ET FAIRE PÉRIR CE REPAIRE D'ASSASSINS PAR UN OliBLl T01AL DE SON EXISTENCE; CAR TA~T ou·1L\' AURA UN PARIS EN ..,RANCE, IL N'Y AliRA JAMAIS DE ROIS. » Quel fou furieux I et que sont les massacres de septembre si terribles pourtant cl si monstrueusement inutiles, que sonl ces violences soudaines du peuple excité par la fureur palriolique et par la peur a!Tolanle de l'étranger, à
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==