Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

()'.lô II ISTOIRE SOC!.\ LISTE pour l,•ur dire de IP lahscr resler, qu'il élail du service du noi; ils lui dirent qu'il, n·avai,.nl pas d'ordre à rcce,oir d'elle, qu'ils n'en recevraient que de leurs offlcicr,. • D'.tulr,•s ,füaienl: voilà une plai~anle Lougresse pour donner d,., ordre•. JI, in-nltèr,•nl de prupos les gardes suisses qui étairnl ram:és en haie visü-vis, ib in,ultèrenl les ecdi,si:i,liques qui élairnl atn fcn~lr,•.; clu rh/Ueau, l'l il y en eul qui couchèrent en joue le cardinal Monlmorenry, grand aum0nirr. ~J. de Larayelle envoya con,ulter le dèparlfnienl el le pria de publier la lei martiale, il ne fil pas de réponse. JI demanda au noi s'il \'Oulail qu'on e1:1;.loyàlla fvrrc pour le raire pa,,rr el foire re•pecter la loi. Les s ldat, lui répondirent qu'il n·arnit aucune force ptJur cela, ib a,·aic11l tous ôté leurs b ro11nelte,, en dbanl qu'il, ne s'en ,erviraienl pas contre de IJravc, iloyen,. Len i refusa d'rmplo)er la force l'l dit: • Je ne ,eu~ pas qu'on ,erse du sang pour moi; quand je serai parti, ,ous s ·rez les ma!lres d'cmployr.r tous les moyens que vous ,out!rez, p· ur taire rè.-pecler la loi. » • Dan, la place du C·u-rousel, le postillon de la ,oilure du !loi, qui n'avait pn er,trer, fut menaré cl'èlre ma--a~ré, s'il faisait le moindre mou11•mcnl. Le pi11ue11rmanqua d'~lr•' pendu : dr.<gre,uuiiel's qui l'lair11tprès de la t'Oilure pll-11min1/ ti c/,11111/1, lar111r<; il y en cul plusieurs qui s'a,·ancèrenl el ,lirenl au UtJi : Sire, vo11,,'tes ai111,<, vo11, iles acfor,' t/1· votre pcuplr, mais nr parle:; pas; t·o/rr .-ir serait 1·n danger, 011 1:011, cumeillr m,,[, 011 t'OIIS é91l!'r, 011 uut que vous éluiqnie::, les prêll'f•s, on cminl dr t'OIIS perd,·e. Le !loi leur impo:;a silence el leur dit que c'H'lient L·u, qui l'i.aient é~aré, el qu'on ne deYait pas dout. r cle ~es intentions el lie son amour pour t-0n peuple. • • Enfin, apr~s deu~ heures cl un quarl ù'alleute, el d'elTorts inutiles de ~!. cle Lafayette, le roi fil relùurncr la voilure. En descendant, le, ,o!dals se prcs-èrrut en foule autour, il y en eut qui dirent: Oui, no11s vou., défl'lldro11s. L-1 RPine lrur répon,lit, en les r, ardant fièrement : Oui, 11011s y romplom, 1/llli.s t'OU<at•ouere::, ù Jll'ésr-111 que 1wus 11e sommes pas libres. Com1111• ib serraient !Jeatwo11pet entraient en foule ùans le ,estibule, la nein~ prit le Dauphin dans ses IJras, madame Elisabl•th ~c char,;ea ùe Madame et ellts ks emmenèrenl le plu:; ,ile qu'elles purent. LP noi alors ralenlil sa marl'11eel lorsqu'elles furent entrées dans l'appartement de la neine, le Roi se retourna el dit d'u11e,oix ferme: • llalle-là, i;rcuaùicrs! • Tous s'arrêtèrent comme si on on leur avait coupé les jambe,. • li n'y avail dans la cour des Princes que des gardes nationales, le !>' upl,• ét:iil dans le Carrousel el les portes étaient fermée,. On ne dil rien contre la Rl'ine, mais des horreur·s contre le Roi. Ils parurent tous deux avec beaucoup ùe fermeté el de sang-froid el curent un maintien parfait. Toul ful tranquille dans le cMteau. A huil heure, le Roi ful averti que la garde avail dédM d'entrer la nuit dan, toute, les chambres, même celle du Roi, sous prétexte de risiter s'il n'y avait pas de pr~lres. Cel.te résolution changea à

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