Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

lllSTOlllE sor.rA LTSTE Gl dières, etc. Quelques navires passaient à ~la:dère où il, prenaient rle, vins: d'autres parlaient avec un chargement de s.. 1 pour aller an Cap-Verl à la pêche des tortues, qu'ils re,endaienl dans les colonies pour la nourriture des nègres. Les retours se faisaient en denré,•s coloniales donl une gr,,nde partie élail reprise à Naule~ par des navires hollandais pour le Nu,·d de l'Europe, excepté les sucres bruis cp1ïl éta,l défendu d'exporter. Le commerce de Terre-Neuve el du Grand-Oanc occupait 30 navires faisant chacun deux voyages, ils parlaient avec du sel el lc-ur, provisions. Quelques retours se faisaient par l'Espagne el le Portugal qui les di:barrassaienl d'une partie de leurs cargaisons pour prendre les denrées du pays. Outre les navires nantais, 60 bâtiments de La Rochelle et d'Oléron apporlaienl dans noire porl le produit de leur pêche: toute celle morue remontait la Loire pour se débiter à Paris, dans le Lyonnais el dans l'Auvergne. " De bonne heure la bourgeoisie commerciale de Nantes litait arrivée à une sorte d'organisation de classe. Dès 1018 elle avail bàli une Bourse du Commerce. Dès 16i0 elle s'élail donnée sous le nom de Chambre de Direction une Chambre de Commerce composée de six membres donl cinq ·chobis parmi les commerçants de Nantes el un résidant à Paris. Dès 1016, les bourgeois nantais avaient fondé une vasle Société de Commerce el de Navigation, avec un nombre d'actionnaires illimité, cl en 16i2, ils prenaient de nombreuses actions dans la Compagnie des Indes, créée par Colbert. Sous la Régence, ils s'intéressèrent aux opérations de Law el ils surenl s'y conduire avec adresse, puisque, dès le lendemain de la chule du système, ils appliquent à la reconstruction et à l'embellissement de Nantes les vastes capitaux disponibles. Enfin, dans la deuxième moilié du xv111•siècle, il se produit à ~an les el dans Ioule la Dretagne une belle poussée d'aclivité commerciale el industrielle. C'est en iî:i8 que M. Louis Langevin élablil à Nan les la première manufacture d'indiennes; la fabrication de l'eau-de-vie el de la bière, commencée au xvn' siècle se développe; l'odieux trafic des nègres donne à la bourgeoisie nantaise fière el active, mais rude et âpre, des bénéfices croissants. Une Société s'élail constituée pour approvisionner de nègres nos colonies; elle n'eut pas les fonds suffisants cl les commerçants nantais se subslituèrenl à elle el firenl le trafic en son nom en lui payanl 15 et 20 pour 100 de dédommagement. Tant ce commerce détestable était lucratif! Quelle triste ironie dans l'histoire humaine! Les fortunes créées à Dordeaux, ,, Nantes par le commerce des esclaves out donné à la bourgeoisie cet orgueil qui a besoin de la liberté cl contribué à l'émancipation générale. En 1666, il ful expédié à la côte de Guinée 108 navires pouvant prendre à borù 37.430 esclaves du prix de 1000 livres el môme au delà, ce qui rcprésenlail, en marchandise humaine une valeur de plus de 37 millions. L'industrie s'anime: la fabrique de M. LangcYin, à peine créée depuis

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