616 IIISTOIRI~ SOCIALISTE Mais <1uand ils s'aperçurenL que les offices célébrés par les non-jureurs de1enail'nl de véritables rassemblements de guerre civile contre la Révolution, ils se portèrent en masse aux offices des prêtres constitutionnels. L'é10quc de la llochellc, de Coucy, chapelain de la reine, se jela passionémenl dans la lutte. L'e,scnliel, pour l'Eglise ré(ractaire, était de maintenir en fonction les prêtres insermentés; el de les aider à ,·ivre, leur traitement supprimé, sans 'demander aux paysans le moindre sacrifice. Si la Yenrtée fut, à quelques égards, un mouvement « populaire •• si de simples pa)'sans, de simples artisans y Jouèrent un gran1l r0le1 ce rut un mouvement d'égoïsme populaire, d'égoïsme paysan. Prendre de toute main el ne rien donner, sera la véritable politique des masses paysannes vendéennes : aucun haut esprit de sacrifice n'était en elles : el si elles risquaient parfois leur vie, c'était pour des a,antages matériels, qui valaient à leurs yeux plus que la vie. Le, ::rands chefs du mouvement comprirent bien qu'il fallait ménager cl'abor<Iet exploiter ensuite cc fond el ce tréfond d'égol•me. lis se gardèrent hien de faire appel à la bourse ùes pa)',ans en faveur des prêtres. C'est l'é1êque qui se procura, sous forme ù'arnnce ~ur les revenus de son évOrhé, soinntc mille lirrc~. Les nobles s'engagèrent à assurer le traitement des rHraclaires. Les missionnaires cl les sœurs de Saint-Laurent-sur-Sèvres, qui parcouraienl sans ce,se l'ouest, continuèrent, il est vrai, à quiller : mais ils as-urairnt aux paysans qu'il fallait organiser des caisses de secours el de propagande pour ùéf1•nùre le pays contre les rél'olulionnaires. lis commençaient à leur inoculer l'idée que la Vendée devrait se suffire, l'ivre de ses ressources et refuser son concours à la nation. Une fermentation aigre el ba••e de fanatisme cl ù'égoîsme se propageait. ~lais un nou"eau coup relentis5ant allait être porté par l'Eglise à la Hévolulion. Le pape prenait parti. Le 10 mars :1701, il adressait à son Excellence, li. le cardinal de la Rochefoncauld, li. l'archevêque d' Ah el aux autres archen~ques el élêques de l'Assemblée nationale de France un bref où il conllamnail , iolcromenl la conslilulion civile. il prétendait que l'AI- ~embléc s'était allrilmé la compétence el la puissance spirituelle. Il affirmait que la consécration canonique instituée par elle sans l'intervention de la JJapaulé n'arnil point de valeur. Il protestait contre la dissoJntion des ordres religieux. Il protestait aus5i violemment contre la saisie des biens d'Eglise. El il contestait ainsi, il niait toute la Révolution. Son bref ùu :15 avril était une condamnation nouvelle de toute l'am1re révolutionnaire. El ùe plus le pape y déclarait nettement les élections des prOlrcs conslitulionnels illégilime,, leur consécration sacrilège, et suspens de tout,,, fonction~ ecclésiastique•, les consacrés et les consécraleurs. C'était la proclamation officielle du schisme.
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