Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

îllSTOlfiE SOCI.\LJSTE G27 rehaussement de gages qui ne peul jamni, êlre un objet important pour l'avenir el rtont le seul produit est de mettre les hommes en étal de vivre un peu mieux, mais ~eulemenl au jour le jour ... Les manufactures réunies, les entreprises de quelques particuliers qui soldent des ouvriers au jour la journée, pour travailler à leur compte, peuvent mettre ces particuliers à leur aise, mais elles ne &eront jamais un objet digne de l'intérêt des gouvernements. • Ailleurs il désigne les manufactures séparées, pour la plupart combinées avec la petite culture, comme • les seules libres •· Et Marx ajoute : • Sïl affirme leur supériorité, romme économie el productidlé, sur les « fahriques réunies•• et ne voit dans celles-ci que des fruits de serre gouvernementale, cela s'c.xpli~uc par l'état où se trouvaient alors la plupart des manufactures continentales. • La plupart des grandes manufactures ne pouvaient, en efîel, s'établir qu'en vertu d"un privilège royal; et, quoiqu·en vérité ce prililège n'et'll guère d'autre effet que de donner forme gouvernementale à un mouvement économique inévitahle, Mirabeau el beaucoup d'autres révolutionnaires pouvaient s'imaginer que la grande industrie ne se rnutenait qu'arlificicllemenl el tomberait devant la petite, quand serait.réalisée la pleine liberté du travail, sans entraves corporatives el san, monopole d'Etat. Dès lors les rapports de la classe des salariés et des entrepreneurs perdaient aux yeux de beaucoup de révolutionnaires de ce temps leur importance soriale. C'est par une autre mie, c·e~t par la multiplication des petites entreprises où rouvrier, toujours prêt à devenir un artisan libre se défendait contre son mo<leste patron par la po~sihililé m~mc de s'établir à son tour, c'est par celle conception de pelile bourgeoisie artisane quïls espéraient arril'er à l'équilihrc social. Celle illusion étrange des Mmocrales favorisa la savante manœu,re de la bourgeoisie capitaliste, servie en môme Lemps par l'insuffisante con,cience de classe des prolétaires et par la timidité de leur passé. Une autre raison qui, sans doute, décida les révolutionnaire d'e,trême gauche, ceux du parti populaire, à rester à l'écart de ce débat, c'est qu'il leur en coùtait de s·arnuer que dans la société nouvelle il allait y avoir des classes. Quoi! nous venons d'abolir toutes les barrières qui séparaient les citoyens : nous avons aboli les provinces, les douanes extérieures el intérieures, les corporations, les maitrises, les ordres! nous avons détruit la noblesse ! nous avons dissous les Parlements I nous al'ons fait des prêtres de simples citoyens salariés! Et dans cette société unie, dans celle fédéra lion nationale, se formeraient deux camps, deux groupes antagonistes : les capitalistes d'un côté, délibérant avec les capitalistes, el les prolétaires de l'autre, délibérant avec les prolétaires I Est-ce que la loi commune ne suffit pas à protéger les uns et les autres, el si les uns sont trop faibles pour obtenir Justice, est-ce qu'il faut les aban1onner Il eux-mêmes en leur laissant seulement le droit de se

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