626 lllSTOIRE SOCIALISTE corporations: et il est vraiment trop visible que la Consliluanle el son rapporlrur n'ont fait que reproduire el converlir en loi la pélilion patronale adressée au Président de l'Assemblée nalionale. Mais par le vague de leurs conceptions el par ce qui se mêlait d'archaïque à leur pensée les ouvriers prêtaient à celle manœuvre de la classe bourgeoise. El c'est sans doute une des raisons pour lesquelles les hommes comme Robespierre, furent pris de lroullle et n'intervinrent pas. JI y eu l, je crois, deux autres raisons de l'abdication el du silence des révolutionnaires démocrates. La première, que M. Paul Boncour a bien mise en lumière dans son livre rnr le Fédéralisme économique, c'est que la plupart des hommes de la Révolu lion, par une aberration étrange, ne croyaient pas à l'avènement de la grande industrie. J'ai déjà cilé les pages de Marat où il dit que l'abolition des corporations el des maîlrises allail lue,· les manuraclures ; quand tout le monde pourra lravailler à son compte, per,onne ne voudra être ouvrier, et il y aura une multitude de petits patrons, pas une seule grande industrie. Mira.beau qui avail un génie si lucide el une information si élendue, lllirubeau qui savait, comme il Ledémonlra pour les mines, que certain!!S i11dus!ries n'étaienl possibles qu·avec une grande provision de capila1u, a cru cep,;nàant que dans l'en,semble, la liberté du travail, l'abolition des monopoles l!.3c, ux el des entraves corporalives ab-Ou:lir.lientà dissoudre les grandes ma,. nufactures el it susciter une foule de petils- pruducleur.. C'esl dans rnn volumincu..'t • Essai sur la monarchie prussie.1u1e• 11u-:ai1 déYl'loppé ses vues. llarx a conDu ces pages curieu,,e:; et il-en eile plusieurs frai;,aents: « Du temps de llirabeau, le lion révolutionnaire, les grandes manu'.aclures portaienl encore le nom de manufactures réunies. • :\lirabeau dit: On ne fait attention qu'au~ granJes manufacture,; où des centaines d'homm rs tra1t1illenl sous un directeur cl que l'on nomme communément manur turcs réu1,ir,. Cdlt·s où un très grand nombre d'ouvriers tra,aillenl cha<'un pour rnn propre compte sonl à peine considérées: on les met à une distMce in'.i1.ic des autres. C'est une très grande erreur car les dernières font seules un objet d~ prospérité nationale vraiment important. La fabrique réunie e;!l·ic!tiraprodigieusement un ou deux entrepreneurs, mais les ouvriers ne s•ro .l que des journaliers pJ'usou moins payés et ne participeront en rien au bien de L'entreprise. ~ Dans la füb1•iqueséparée, au contraire, personne ne de,·iendr<1riche, mais beaucoup d'oul'riers seronl à leur abe, les économes el les industrieux p, urront amas,er un petit capital, se ménager quelques res;ources pour 11 rai>iancc d'un enfant, pour une maladie, pour eux-mêmes ou pour quelqu'un des leurs. Le nombre des ouvriers économes et in,Justrieu, aug• mrr.tera rarce quïls verront dans la bonne conduite, dans l'actil'ité, un moyen d'améliorer e~senlicllcment leur situation ; et non d'obtenir un petit
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