lllSTOIRE SOCIALISTE 615 d'une loi martiale sous prétexte d'empêcher des exécutions populaires qui blessaient la justice et révoltaient l'humanité. Ensuite, ils dépouillèrent peu à peu la nation de ses droits de souveraineté, puis ils travaillèrent à la mettre hors d'étal de jamais les reprendre, en dépouillant se, membres de leurs droits de ciloye.ns, par une suite d'allenlals de plus en plus tyranniques. • Rien n'embarrassait autant les représentants du peuple que de voir leur sou'l'erain·toujours sur pied, et toujours prêl à venger rabus du pouvoir qu'il leur avail confié. Ils mirent donc tous leurs soins à dissoudre ses assemblées et à les paralyser, et à tenir ses membres isolés. Au dé'cret qui prescrit la permanence.des districts succéda bientôt le décret qui paralysa les assemblées de section, en les asservissant à leurs agents municipaux, seuls autorisés à les convoquer el à leur indiquer l'objet de leur délibération. • Ainsi, en ,·erlu de ce be~u décret, le peuple ne peul se montrer que lorsque ses chargés de pouvoir le lui permeltenl, el il ne peul parler que lorsqu'ils lui ouvrent la bouche. Un attentat aussi odieux ne suffisait pas aux pères conscrits: ils voyaient avec effroi la partie la plus saine de la nation réunie en ~ociétés (ralernelles (il s'agit des clubs), suivre d'un œil inquiet leurs opératioris, réclamer contre les malversations et toujours prèle à éclairc.r la n_alionel à la soulever contre ses infidèles mandataires. Que n'ontils pas fait pour aqéantir ces sociétés tutélaires, sous prétexte qu'elles usurpaie1ü tous les pouvoir~ _en prenant des délibérations, tandis qu"elles ne délibéraient que pou_rs'opposer il l'oppression, que pour résister à la tyrannie? « N'osant les dis59udr~. jls onl pris le parti de les rendre nulles en interdisant toute délibération ou. plulôl toute pétition faite par une association quelconque, sous prétexte que le droil de se plaindre est un ch'oit individuel: ce qui suppose qu'a'!cune association ne peut être ni lésée ni opprimée, au lieu que toute associaliO\Jest obligée de se soumeltre en silence aux derniers outrages. « Enfin, pour prévenir les. rassemblements nombreux d11peuple q11ïls redoutent si fo,·t, ils o_ulenlevé à la classe innombrable des manœuvres el des ouvriers le droit de S:as~en1blerp, ow· dilibérer en règle sur leurs intérêts, ~ou~pré,exte que qs .a,ssembléefpqw·,·aienl 1·ess11scilelres corporations q11i ont été abolies. ,. " ILS !IE VOULAIEn QU'ISOLER LES CITOYENS ET LES EMPtCDER nE s'ocCUPER EN COlll\lUNDE LA CllOSE PUBLIQUE, » Ainsi, pour ~larat, averti cependant par la lutte sociale des mattres maçons et de leurs ouvriers, la loi du 14 juin n'est qu'une des mesures (et sans doute la moins importante) dirigées par le royalisme et le modérantisme contre la nation. Ce n'est pas une arme de classe forgée par la bourgeoisie révolutionnaire contre le prolétariat: c'est une arme forgée par les amis de l'ancien régime contre les libertés nouvelles de la nation. l\iaral n'accuse pas la Constiluante d'empêcher les rassemblements et les ententes d'ouvriers
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