ûl6 JIISTOJ[lE SOCIALIS1'E pour maintenir de bas salaires. JI l'accuse de disperser des citoyens qui se ras,ernblent pour défendre la liberté publique. Lui-même, comme à plaisir, méconnait et efface le r.araclère social de la loi, et là où Marx dénonce un coup d'État bourgeois, Marat ne voit qu'une manœuvre de la Contre-Révolution. Il ne suppose pas une minute que les ouvriers pourraient dans les réunions s'occuper de leurs intérMs de classe: mais c'est, selon lui, parce qu'ils s'y occuperaient en commun de la chose publique que l'Assemblée les prohibe. En un mot, ce ne sont pas des réunions prolétariennes dirigées contre Je capital, ce sont des clubs populaires, des rassemblements civiques dirigés contre les intrigues réactionnaires, que la Constituante, selon lui, a voulu abolir. Cc qu'il y a de piquant, c'est que les premiers historiens de la bourgeoisie semblent avoir ignoré complètement la fameuse loi Chapelier. M. 'fhiers, dans son histoire de la Révolution Française, ne la mentionne même pas. Bien mieux, dans Je quatrième volume (page 324), il écrit ces lignes surprenantes, à propos de la détresse croissante qu'infligeait au peuple la dépréciation des assignats: «•Le peuple ouvrier, toujours obligé d'offrir ses services, de 1es donner à qui veut les accepter, ne sachant pas se concerter pour faire augmmter les salaii-es du double, du triple, à mesure que les assignats diminuaient dans la même proportion, ne recevait qu'une partie de ce qui lui était nécessaire pour obtenir en échange les objets de ses besoins. » Ne sachant pas se concerter: l'ironie serait vraiment trop groôsière si M. Thiers avait su qu'il existait une loi de la Constituante interdisant préci~émenl ce concert. Il l'ignorait évidemment: et quand Je vois que M. Thiers qui a recueilli tant de confidences des survivants de la Révolution ignore la loi Chapelier, quand Je vois que Marat ne lui attribue aucune portée économique, aucun sens social, Je me demande si la bourgeoisie révolutionnaire avait prévu tout l'usage que pourrait faire de celle loi le capital. Chose plus curieuse encore I J,ouis Blanc ignore complètement rexistence de la loi Chapelier. Pourtant, l'Assemblée Constituante avait été saisie directement du conflit entre les maitres charpentiers et leurs ouvriers: elle ne pouvait donc ignorer que c'était à des di(ficullés d'ordre économique et social que parait directement la loi Chapelier. Du reste Chapelier lui-même l'avait avertie expressément dans son bref discours, qu'il s'agissait de briser une organisation générale du travail, une coali lion des salariés. « Le but de ces assemblées qui se propagent dans le 1·0.1Jaumet qui ont déjà établi entre elles iles correspondances - celle correspondance est prouvée par une lettre reçue par la municipalité d'Orléans et dont cette municipalité a em·oyé une copie certifiée véritable - le but de ces assemblées,
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