6{4 lllSTOIRE SOCIALISTE « Signé de tous les ouvriers de la nouvelle Église Sainte-Geneviève, au nombre de 500. « Paris, le S juin 171)1.• El après arnir reproduit celle lellre terrible, Marat écrit : « On rougit de honte et on gémit de douleur en voyant une classe d'infortunés aussi utiles, livrés à la merci d'une poignée de fripon, qui s'engraissent de leur sueur el qui leur enlèvent barbaremenl les chétifs fruit~ de leurs travaux. Des abus de celle nature qui privent la Société des services ou plulôl qui tentent à détruire par la misère une cla,se nombreuse clecitoyens recommandables auraient bien dO flxer l'attention de l'Assemblée nationale el occuper quelques-uns de ses moments qu'elle consacre à tant de vaines discussions, à tant de débats ridicules. » Certes, l'homme qui reproduis1il el approuvait la lettre des ouvriers, leur plainte si douloureuse el si :lpre, leur inculpàlion si violente contre les mallre, maçons ne pou,ait être su,pecl de ménager les inlér~ts de classe de la bourgeoisie. El on s'allencl, après al'oir lu le numéro du 12 juin, à ce que Mara,, apprenant la loi du 11, s'écrie: • Yoilà commenl,l' Assemblée répond aux espérances des ouvriers. Ilien loin d'écouter leurs doléances, elle leur défend de ,·unir rour défenctre leurs pauvres salaires: el elle les livre aux grands entrepreneurs: Ce n'est pa, seulement à la liberlô des citoyens, c'est au pain des ouHiers qu'elle allenle ». Oui, si )larat avait vu dans le conflit des grands mallres maçons el de leurs ouvriers un épisode de la lulle de classe commençante entre les prolétaires el les capitalistes bourgeois, c'est surtout dans ce sens, c'est comme restriction à la liberté économiqne des ouvriers qu'il aurait inlerprélé fa loi du 1', juin. Or, il esl ,isible qu'elle n'est pour lui qu'un complément politique des lois qui restreignaient le droit de pétition el d'association. Voici ce qu'il écrit le 18 juin: « En dépit de toutes les imposture~ des flagorneurs soudoyés, il est de fail que les représentants des ordres privilégiés, qui font naturellement cause commune avec le roi, n'ont jamais songé qu'à rétablir le despotisme sur les ruines de la liberté conquise par le peuple. lis se trouvaient les plus faibles après la prise de la Ilaslille; force leur ful de fller doux. lis se mirent donc à faire de nécessité vertu el ils affichèrent l'amour de la justice el de la liberté, qui ne ful jamais dans leurs cœurs. • lis étaient perdus sans retour si les députés du peuple avaient eu quelque vertu: malheureusement ce n'étaient presque Lous que des jnlriganls accoutumés à ramper de,·ant les valets des ministres et la plupart de vils agents de l'autorité qui n'afflch~renl d'abord le patriotisme et ne frondèrent le pouvoir que pour mettre leur sulîrage à ~lus haul prix. Aussi se sont-ils presque tous prostitués à la Cour. lis tenaient le clé: aussi, dès que le peuple ful un peu assoupi, commencèrent-ils par l'enchainer au moyen
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