Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

lll~TOJRE SOCIALISTE 611 a dit non se lève el prouve. - Laborde se levant: J"ai ùil non parce que je m·aperçois que \'OUS ne mellez pas le mème soin à obtenir le silence pour M. Robespierre que vous en mellez lors 1ue )Bt. Beaumetz el Chapelier ont parlé. - Plus on est faible, continua Robespierre, plus on a besoin de l'aulorilé proleclrice des mandataires du peuple. ,\insi, loin de d11uinuer l'exercice de celle faculté pour !"homme indigent en y mellant de, cnlral'c5, il faudrait la faciliter •· Comment expliquer que l'homme qui, contre les murmures el les impatience, de l'Assemblée, ,,,ulenail ain,i le droit de pétition collrclive de Lous les citoyens n'ait pas dit un mol le 1\ juin dan, une question qui était en quelque sorte le prolongement é,·onomique de la premi,'re? car le droit de coalition c·esl !"action collective ùes pau1 rcs dans l"ordre économique, comme le droit de pétition collcctil•e e,t leur action organioée ùans l'ordre politique. E,idemmenl 1\ohespicrre, qui dit uahemenl que œ sont les pauvre~ qui ont fait la Rél'olulion et qui ne mil pa, 1inH11è1hemou\'ement ècono111i11ue bourgeois dont elle e,L la conclusion n'a pas pressenti la grande lutte de cla;se qui allait nallre ùan, !"industrie capilalhlc. Sans doute la prédominance encore man1uée de la pclilc industrie lui cachait le problème. Peut-être aussi lui semblait-il, si paraùo,al que cela semble à Man, que si les ou,•riers pouvaient ,e coaliser pour impo,er aux entrepreneurs un salaire minimum, el gïls formaient avec les entrepreneurs acceptant ce salaire une ,orle d"a--ocialion contre les entrepn•neur, qui ne racceplaienl point, les corporations à peine ùclruileo se rélaùliraienl par celle voie. Je ne puis trouver une autre e,11lkalion de ,on ~ilcnce. Les journaux au,.si se lurent. On pourrait inférer des paroles de .\!an, rappelant que Chapelil'r fut traité par Camille De,moulins de misérable er,;oteur, que c'est à propos de la loi du 11 juin que Desmoulins l'alla11uc ain,i. c·c.l à propos de la loi ùu 9 mai sur le droit de pétition que De~moulins invective Chapelier. Il ne soutne pas mol, dans son journal les R-'voluliOlls t1, Franrr tt de Brabant, de la loi du 14 juin. De même, les Révolutions de Paris se bornent à donner le texte de la loi du H Juin sans aucun commentaire. Le silence des Révolution, de Paris à ce sujet étonne peu. Pendant le conflit entre les entrepreneurs du bàlimenl el leurs ounicrs, conflit qui fut l'occasion de la loi, l'alliluole du journal avait été très gGnée. li avait dil que sans doute il élail bon que les ouvriers eussent un salaire con\'enable, mais que les maitres devaient b~néflcier au,si dé l'abolition de l'octroi. Qu'est-ce que cela signifie, sinon que les entrepreneurs pouvaient payer d'autant m1Jins leurs ouvriers, que la vie était moins chère ;,our ceux-ci? Le 10urnal de Prutl"homme n'était peul-èlrc pas fâché que la loi rendit impossible des conflits dont la bourgeoisie ré,olutionnaire pournil avoir à rnu!Trir. li n'est donc pas surprenant qu'il ail secondé par son silence cc que Marx

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