Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

610 111S1'0IRE SOCIALISTE affamés cte dislinction,, de trésors, de voluptés. L'intérêt, le ,œu !lu peuple esl celui de la nature, de. l'hm;aanité : o'est lïnlérél général; rinlérél, le vœu des riches, des hommes puissan~s esl celui de !"ambition, .d!l.Ja CtJpidilé, des. fantaisies les plus e1lrava,,anles, des passions les plus funestes au bonheur de la société ... Aussi qui a !ait Ji'.otreglorieuse Révolu lion? Sont-ce les riches, sont-ce les hommes puissaolst,te peuple seul pouvait la désirer et la taire ; par la même raison le pe,uple ~ul peut la soutenir. • Et il concluait en demandant des armes pour Lous les citoyens domiciliés. Esl-il vraisemblable que l'homme qui tenait ce langage le Z7 et le 28 avril ail gardé le silence au i4 juin pour ménager aux dépens du peuple ouvrier, les inlérêls de classe de la bourgeoi&ie? Je sais bien que les démocrates, hardis dans l'ordre polilique, sont'souvent timorés et réaclionnai;res dans l"ordre économique. Mais, même au point de vue économique, il était plus hardi de donner des armes à tous les riitoyens que de laisser les ouvriers se coaliser pour ob· tenir une augmenl;lion de salaires. Blanqui a dit : « Qui a du fer a du pain•, et la bourgeoisie possédante s'effraie plus de l'armement général du peuple que du droil de coalition. La preuve c'est que le prolétariat a pu, après un siècle de lulles, conquérir le droil de grève: il n'a pas pu conquérir le droit d'être armé. Il me parait donc impossible que l'homme qui, en i79i, voulait armer tous les citoyens, les pauvres comme les riches el doqner à tous lP.scitoyens, aux pauvres comme aux riches le droit de vote el le fusil, se fût associé à une manœuvre bourgeoise contre le salaire des ouvriers s'il en avait saisi Je sens. li avait précisément livré bataille le Oet le iO mai, en faveur du droit de pétition collecli ve. Chapelier au nom du comité de conslilulion demanda à rAssemblée de ne permettre que les pétitions individuelles. Toute manifestation collective des assemblée, populaires devait être interdite. Robespierre protesta violemment:• Ce n'esl point pour exciter le peuple à la révolte que je parle à cette tribune, c'est pqur défendre les droits des citoyens ... Je défendrai surtout les plus pauvres. Plus un hommP, est faible el malheureux, plus il a besoin du droit de pétition. » Le lendemain il prit de nouveau la parole pour répondre à Beaumetz. Robespierre, dit llamel d'après le Courrier de Pl'ovence, tenta d'incroyables eITorls pour arrêter l'Assemblée dans sa marche rétrograde. Ses paroles sévères et touchantes à la fois, retentissaient comme un écho des vérités éternel.les•.. • • Elles devaient nécessairement irriter quelques memhres. Impatienté de, interruptions de Martineau, l'orateur somma le président d'empêcher qu'on ne l'insullàl lorsqu'il défendait les droits les plus sacrés des citoyens. • D'André qui présidait ayant demandé s'il ne faisait pas tous ses efforts - Non, lui cria brusquement une voix"de la gauche. - Que !a personne qui

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