Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

IIISTOIRÊ SOCIALISTE 5;5 pour une rarlie d,• rA,,emlMc et du pay,, à 11"êlr,•qnc l"i11,trumcnt de roli• garrhie b,1urgeoisc la plus rnpacr. Y rut-il en rr,anrhr une rrob•anrr 1!11 prolétuiat, 1111 é1 ,•il 1J,,la con•ci, ncr OUIrii'rc? La polilHJUP ,i inc,ih•'rPnlr cl ,i dèle,lahl•• ,1~rA--cml,1-'e à l"égard des colonies, nr pouvait i•mo111oir direl'l,.m,,nl !Ps prolétaires de Franre: un peu pins l,ud, quand lrs (1,\,ortlres prolonc:és ,J,,, coloniPs eur~nl rent'héri le sucre, lrs polémistes r.énonrèrcnl I,i,•n Barna,c cl ,.,, ami, ronunr le, au leurs rrspo11sah'es de ce renchéris,emcnl. llnis cr nr fut pas 1:t 1111 fait de gran,Ie portée. En somme Ir pcupl•• dr, campagnes cl ,Je, vil11•sélail encore entrainé dans le large courant, dans le itran,l fl<'uw ,1.. 1:1 llévolution bourc:eoi,r. Prr-quP toute la France, rnt•mr celle qui n'y èl dl pa, officiellement repré•t•nlce avait été ému<' dr la fèlc de 11 ~'èdéralion. Si Jt>sdrcrcl< rie mar, 1700, qui n·abofü,airnl sans rarhat que les tlroils féo,lau, constituant une ~rrvitu le per,onn,•lle Pl qui ordonnaient le rad1 t pour tou, IPS droits vraiment onérrn,, avaiPnl t'·té une Mreption pour les pro)lrirtaires pays,rns, il nP faut pa, oublier qn1· c'est en celle année 1791 qu·eul lieu le plu;; f!rand mouyement de Yentr des hirn, ecclé,ia,liqurs. L'enthousiasme fut grand ùan, lescarnpa!;ne,, cl nous arnns ,u que la démocralip rurale participa au, achats. Pourtant la question ùes droits fèodau, demeura el elle s'imposera bientôt de nouveau /1. la Révolution. Quant au, OUIriers, )laral es-aie en vain durant toute rann~c lî!H, de leur donner une con-cil'ncc de cla,se politique el sociale un 1wu aigue. li n'y réus,il point, cl se désespère. Un grand travail s'arcomplil pourlanl dans le prolétariat, et les que,tions les plus gra, es, celles qui seront entre la bourgroisie el la classe ouvri~re un champ terriblement fouir. commencent /1. apparaitre. Au fond, )laral concevait ,urlont le prolétariat comme une 1,uis>ance )lOlitiqur, comme une force néccs-aire à la R61•olulion. Il la voyait men ,cre de toute 11arl. li pcn-ail fortement que le roi la trahis-ail. Il sa,ait que 1.1 bourgeoi,i,•, redoutant de nouvelles agitations 6tail Loule portée à croire à h loyauté du roi: cl il n'a,ait confiance qu'au, pr,,Jètaircs. A vrai dire, cc n'est pas en vue d"une Révolution nouvelle, d'une Ri'volulion de propriété qu'il les animait. Il les excitait surtout à la défense de la Révolution, convaincu d'ailleurs que, sous une forme ou sous une autre, ils sauraient tirer avantage de la Révolution sauvée par eu, cl par eu, seuls. C'e,l en cc sens, qu'il fait appel aux ouvriers, au, pauvres. Il aurait voulu qu'ils formassent une fédération populaire, au lieu de se laisser ab-orher au 14. juillet 1790 dans la fédération des gardes nationales bourgcoi~es. li écrit dans son numéro du 10 a1ril 1791: • Au lieu de la fédération que Je vous avais proposée, entre les seuls amis de la liberté, pour vous prêter mulU<•lIemcnl secour~, fondre sur les ennemis de la Révolution, supplicier les conspirateurs, punir les fonctionnaire, rebelles qui prévariquent cl accablt•r vos oppres~eurs, vous avez soulfcrt tranquillement que yos délégués vous ùon-

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