IJISTO!Rli SOCIALISTE 573 que la sagesse leur conseil/ail dr p1·ilparPrpor dr_qrrs fr 1111.ssodge la serviludP à la !iberté. Leur premier soin dcvail clone ôlrc de faire pa-ser aux colons blancs el mélis ies ouvrages les mi1•11xfaits contre resclavac,:e, el d'a,loucir la cruaulé du sorl des malheureux qui y rnnl condamné,. Ils auraient cil\ enwile prendre soin de les instruire, d'ordonner chaque année l'atrranchissemenl d'un certain nombre d'esclavc:S, el de foire senir cet acte de justice à récompenser ceux qui se seraient le plus appliqués à le mériter. Enfin sïls avaient ju~é convenable d'accorder quelque inclemnilé an propriétaire de ces infortunés qui servent de !Jêles de somme dans le 11ou1eau monde, ils l'auraient trou,ée soit dans l'exemption de certains impôt, pour un temps déterminé, soit dans certaines sommes payées pour chaque atrranchi. • Je crois que Marat se trompait en ces ,ombres pronostics rnr les rnites du dérret: el si les é1énements semblent lui avoir donné rai,on, c'est par d'autres voies qne celles qnïl avait prévues. Ainsi en est-il souvent des prédictions • du prophète•· Cc n'est pas le décret, comme il le dit, qui créa aux colonies un étal presque désespéré: c'est au contraire la non appliralion du décret: c'est la déplorable faiblesse de l'Assemblée constituante qui, celle fois encore, vaincue par l'égoïsme tenace des colons dont elle e,t à demi complice, laisse éluder son décret. .. Si les colons ra,aienl accepté cl appliqué, il esl infiniment probable qu'un équilibre as,ez durable se serait établi dan l'ile. l\lais ils traY~illèrenl le Comité colonial (ce que nous appelons aujourd'hui, dans le ,·ocabulaire parlemenlaire, la Commission) pour paraly,er le décrelde l'Assemblée. La 11ochefoucauld disait: • :'lous avions été nommés pour faire exécuter le décret du 15 mai ; j'ai assislé à trois séances: il n'a été question que de le révoquer. • C'est le premier exemple, dans la vie de l'Assemblée nationale et par conséquent dans la vie « parlementaire • de la France, de celle résistance obHinée, de ce travail sournois des intérêts. Jusqu'ici la Constituante n'avait eu en face d'elle que des intérêts d'ancien régime; ils s'étaient défendus par des coups de force comme la séance du 23 juin, par une tentative de coup d'Etat comme le 14 juillet: mais ils n'avaient pa~ eu l'esprit de suite, la ténacité sourde. Les nobles impertinents et légers, croyant aux revanches prochaines, s'en allaient avec de, airs de hauteur. Cette fois, c'est la propriété, c'est le capitalisme, c'est l'org11eil d'une longue domination bourgeoise qui se défendent: et la J\él'Olulion divisée contre elle-môme, tiraillée entre les Droits de l'homme el la puissance des intérêts bourgeois dont elle est émanée, est peu armée contre cette oligarchie de po,,étlant•. Les commissaires qui del'aicnl aller porter atix colonies le décret du 15 mai ne purtent pas: les députés el les meneurs de l'hôtel Massiac fomentent à nouveau les lroubles pour se prévaloir contre le. décret d'une insurrection suscitée par eux-mêmes. Barnave décidément à la déri1e, se fait le complice de
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