500 HISTOIRE SOCIALISTE dans aucune Lranche du commerce soit direct, soil iudirecl de la France avec ses colonies; mcl les colons et leurs propi·iétés sous la sauvegarde spéciale de la nation; déclare criminel envers la nalion quiconque lrarnilleraiL à exciter des soulèvements conlre elle, el jugeanl favorablement des molirs qui ont animé les citoyens dcsditcs colonies, elle déclare qu'il n'y a lieu conlre eux:\ aucune inculpation; elle attend de leur patriotisme le maintien de la tranquilité et une fidélité inviolable à la nalion, à la loi et au roi. ,, Comme on voit, c'était une sorte de balance enlre l'au tonomio coloniale el la souveraineté mélropolitaiue. De plus, l'A;;semblée, sous une forme pudi11uc,el sans prononcer Ir mol d'esclave, conflrrnail l'esclavage en garanlissan l aux rolons leurs propriéttls. En revanche, lïnstruclion du 17 mars accordail le droil éleclora· ~ux mulâtres, aux hommes de couleur libres, comme aux noirs el dans le:; mémer ron<lilions. Barnave pouvait croire au moyen de celle transaction, avoir sau- '"egardé les inlérèls essenlirl, des colons, mai~ leur orgueil était implacahle; ils 110 se résignèrent pas à l'égalilé polilique des hommes de couleur; leurs d<'pulés témoignèr~nl un mécontrnlemenl très vif à l'assemblée, el aux colonies m,'me, l'olii:rarchie des propriétaires blancs organisa la résistance. Elle se pré1•alut ,~u silcncr même du décret sur les condilions électoraleg, elle affecta de n'attacher à la circulaire, lardivemenl reçue, aucune importance, el en somme, elle c.ssaya de créer un gouvernement quasi autonome, le plus étroitement égoïsle qui se puisse imaginer. A la ,Iat'linique, le mouvement fut particulièremenl rétrograde. Les propriétaires fonciers étaient, pour une large parl, aristocrates; et semblables à ces agrariens endettés de l'Allemagne qui dénoncent la bourgeoisie leur créancière, ilo étaient les débi leurs des riches bourgeois el capitalistes de la ville de Saint-Pie1re. Dans le soulèvement de leur égoïsme effréné, ils ne s'insurgèrent pas seulement conlre la décision de l'Assemblée, ils marchèrent contre la ville de Saint-Pierre, et chose inouïe, ces hommes qui n'acceptaient poinl le décret de l'A,,emblée parce qu'il accordait le droit de suffrage aux mulâtres, ne craignirent pas d'armer leurs esclaves noirs contre la bourgeoisie capitaliste de Saint-Pierre. El les esclaves noirs, auxqurls leurs maitres promeltaienl une part du riche butin bourgeois, marchèrent sous le drapeau de ces agrariens forcenés. C'est avec peine que le calme fut rétabli ; la force de l'égoïsme propriél~ire et de l'orgueil de race emporta les colons de l'intérieur de l'ile jusqu'à lutter à la fois contre l'Assemblée nationale et conlre la bourgeoisie du port. Ainsi la mollesse de l'Assemblée nationale, la lenteur el le vague de ses décrets avaient encouragé aux colonies mêmes ce mou ,ement de réaction agrarienne. très voisin de la contre-révolution. A Saint-Domingue, l'Assemblée coloniale de Sainl-Marc alllrma elle aussi la quasi-autonomie des colonies. • Le droit de statuer sur son régime intérieur, .
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