550 HISTOIRE SOCIALISTK ces. Les aristocrales cherchent partoul à animer les inl6rêls que la Il6volution frnissait par ses décrcls. ba,p6rés·eux-nièmcs par J'al101ilionde la noblesse, qui les blessail dans leur , anilé ou clans leur orgueil, infiniment plus que la nuil du 4 août ne les avait alleinls dans leurs intérêls, récluils a,ec désespoir à leur nom de rolu• rier,, ils affectaient de considérer l'œuvrn de la llévolulion comme une bourrasque après laquelle le bons sens se relèverait; ils n'elîaçaienl pas, comme nous l'apprend ~Tercier, les armoiries de leu, s voilures, mais ils les cou I ra4cnl d'un léger nuage de peinture qui semblait devoir s'envoler au premier sourne. En allendanl ils essayaienl d'exciter conlre lès ré,olulionnaires le vieil espril provincial; ils encourageaient ou fomenlaienl.la résistance des Parlements clbsous, cl celui de Bretagne, celui de Melz, allaient jusqu'aux limites de l'insurrection; ils essayaient de persuader aux provinces, jusque-là affranchies de la g,,IJclle, que l'aholilion générale de la gabelle 6lail onéreuse pour elles, puis11u'clle ohligcail l'Assemblée à créer des impôls nouveaux qui pèseraient égalemenl sur Ioules les ré0ions. Ils lenlaienl d'effrayer les fermiers des biens ecclésiastiques nationalisés, et bien que la Consliluanle eût décidé, par un a, licle exprès, que les baux conclus par l'Eglise conlinueraienl à être valables el que les fermiers resteraient en pos,e,sion, ceux-ci, habilués à l'indolente administration d'Eglise qui les gênait peu, redoulaient l'inconnu et prêtaient assez volonliers l'oreille aux nobles qùi leur annonçaien[ comme très lourd el lrès dur le règne du nouveau propriétaire bourgeois. Mais, dans l'année 1790, tous ces commencements de réaction, loutes ces menaces el toutes ces intrigues révolulionnaires étaient emportés par un grand ruou vemenl d'espérance el d'orgueil, par une joie allègre de résurrection el de vie. La France sem!J1'1ilentrer à la fois dans la liberlé el dans l'unilé : plus de Lanières féodales on provinciales; plus de morcellement; plus d'arbitraire; un même cœur généreux el jeune, dont les battements se répercutaient an plus profond dù pays, dans le plus loi11lain village relié désormais à l'ensemble par la liberlé commune el la commune souveraineté. A peine, dans les derniers mois de 1789, les libres communes révolulionnaires se furent-elles partoul organisées pour lutter à la fois contre les aristocrales el conlre • les brigands », qu'elles sentirent bien que ce n'étail pas un mouvemenl local qui les animait. Elles participaient seulement, avec la lorce et la spontanéilé de la vie, à un mouvemenl universel; el elles che~- chèrenl d'instinct un symbole qui exprimàl celle double vie, à la fois uni- , erselle el locale: et quel autre que la Fédération? • D'ailleurs, si les ennemis de la liberlé el de la nation contin11aient ou étendaiem leurs intrigues, une commune isolée ne pourrait rien. Ou elle s<'rail 6crasée•ou elle serai l suspecte. I
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