Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HISTOIRE SOCl.\Ll~TE 54!l -- --- ------- LA PtO/:RATION C'est le 12 Juillet 1,00, deux jour, aYant le premier annilersaire de la prise de la D,1slilleet la ft'le clc la Fédération que fut cléfinililemenl \"Olée la con,tilulion cil ile du rlerf(i'. On peul dire que celle année lîOO fut la plus • organique • de la Ré1·olulion. Avaut qu"elle prit fin, Loule, le, in,lilulions fondamentales de la société nouvelle étaient créées et un élan clt'-ci-it était donné à la Ré,olution. La ~ouverainel6 ualionalc élail proclamée; la loi était définie l'expre,sion de la rnlonté générale; les droits de l'homrne étaient atfirmés; la permanence des a"Pmùlées élait déci,lée; le sy.Lème féudal était aboli, au moins en son principe; les dimes étaient ;upprimées; la propriété ecrlé,iasliquo était mise au service de la nation el l'a,,ignal, instrument néce,,aire des ,entes était créé, les nnles commençaient dès la fin ùe 1,00, et ainsi la source abondante jaillis,ait uü la Ré1olulion pourra puiser pendant sa longue lutle contre l'univers coujuré; les rapports nou"caux de la société chi le et ~e l'Egli,e sont précbés, et le principe électif, la SOUl'trainclé populaire p~nt'lrenl ju,que dans le domaine religieu,. En aoùt liOO, la jthlice e,t com11lètemenl réorganisée selon le même principe: au premier degr6 l'arbilrngc facullatir, puis des juges de paix élus pour deux ans par les citoyens actif;;; puis des lribunau, cil il•, formés de cinq juges Hus pour ,ix ans cl rééligibles; e11flnune biérarchie de juges criminels également élus, et au sommet, une Haule Cour nationale, de,anl laquelle le Corps législalif poursuivrait les crimes commis contre !'Etal. Il n'y a que l'institution militaire que l'As,emùlée modifia à peine. Elle ne ioulait pas suil re Dubois-Crancé qui lui proposait dès 1î89, un plan d'armée nationale avec service obligatoire universel. . L'idée de la con,criplion lui répugnait: le senice mililairc lui paraissait contraire aux droits du cito)en libre; el le soldat, s'il n'élait volontaire, lui se mblail une sorte d'esclave public. C'est seulement quand les périls ilnmédials de la nation obligeront la Révolution à proclamer la lc,ée en masse, que l'e,pril révolutionnaire façonnera uaimenl l'armée. ~lais dans l'ensemble on peul dire que dès 1-i On de l'an11éc1,00, les principes de la R6volulion élaienl posés cl que les institutions principales étaient fondée~. El des observateurs bienveillants el superficiels pournienl croire, à ce moment, que la Révolution allait triompher ;an, obstacle cl sans I iolenceLa formidable c,pposilion religieuse qui prendra pour prétc.tle 1'1 Constitution civile, n'est pas nettement dessinée encore, cl les inlrigues des émigrés au dehors semblent ne trouver ni poinl d'appui, ni centre. Ce n'esl pas que la contre-révolution ail dé-nrmé. Les prêtres commencent à répandre l'alarme el à inqniélrr tes cun-cic11-

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