Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

IIISTOlllE SOCIALISTE Il fallail donc former comme une ch,1i11cde communes, s'unir, se lérlérer aux communes libres el révoiutionn,tires de la même province, de la méme region. Et ain,i se forment la féMralion clu :-iord, h 1'1\déralion de la Bretagne. la fèd,·ralion du I auphiné, un peu plus tar,l la féd6ralion de Li-on: dh lr8 pn'mi,'rs 1110bde lïOO. le rnouwmcnt se d(·,clopp1': 1,artout d,•s fêtes l'ratnnellc~, des scrmenls .v. ·}enncls uni ..~. aiLnl ln• eo111mutH'"' fé<lén·cs1 cl com111rnt cc mouverncnl ,w se serait-il pa~ él1•n·lu el agrandi'? Co111menttou, les tourbillons régionaux se louchant en quc!11uc ~orle I ar leur ùord, ne se seraient-ils pas fon,Ius el élargi, en nn vaste tourbillon national'? Lïdée vint sponlani•nwnl el presque à la même heure, à tous les délégués des fédération~ fr.tl1•r11ellP~, quïl faudrait now~r h Pari~, au centre de la nation régénérée, le nœn,l ,rnn<' fè,kralion nationale. A,hnirahle mouvement et qui n'aura ,on terme que Iorsqu,', en unP HéYolnti,,n 1M1sproronliè il la fois et plus ample, ce sont toutes les naliuns de la lt·t·re qui enlreronl da11s le grand tourbillon d'unité el de paix, et qui formei'ont la fédcralion hum iine. lll'ureux le prolétariat qui a la mission sacrée de préparer cette grande Œll\Te. C'est, naturellement, au 1 t jnilld 1700, que fut li"'e la f,1te ,le la F,•dération: car c'est le 11 juillet q11i arnil créé la liiJ •rli, el qui avait rnscité le mouvement des communes rCvoluL1011na1re:--. r.llcs rr•to111·1rnirnl pour ainsi dire à ce grand éH!ncmcnl comme à leur origine même cl it leur C('ntre. L'.\sseml.liée voyait san;; ennui ce t(rautl mouYemcnl national qui ltail e11 un sPns la glorification el la conlirmation de son œuvre. )lais ici encore sa politique ful faite d'é<1t:ilibre, à la fois conservatrice et rérnlutionnairc. De méme qu'elle avait proclamé et mème réaiis6 la rnu,erainclé de la nation, mai; 'en maintenant le lloi, de même qu'elle amil donne aux a-emblécs, élu,·s par la nation, le droit de faire la loi, mais en accordant au roi le ,•oie suspensif, cle rnème qu'elle mail arraché le peuple de France à son inertie séculaire et institué d'cm!Jlèe quatre millions d'électeurs, mais ,,n rejelanl hors du droit de suffrage les plus pauvres, de même qu'elle ,nail ailoli le système féodal et frappé, ou par l'abolilion pure el ;impie, ou par Ir rachal obligatoire, la propriété féodale, mais en prenant des précautions infinie, pour que le principe même de propriété ne fùt pas atteint, de mème, quand un admirable entrainement populaire suscita l'idée de la fédération, !'.\~semblée s'y associa, mais en la régulari,anl selon le type génfaal de la Révolution bourgeoi-e. Elle n'accepta pas des délégations en quelque sorte lumullueuses el spontanées qui auraient pu se pro,luire en dehors du système légal déjà défini par l'Assemblée.

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