Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HISTOIRE SOCIALISTE 47 dans les 2;;,000 mabons de Paris el ses actions étaient très répa11dues. 'l'rôs certainement, de:; marchands des corporations en avaient aC!Jui:; : il :;crait très surprenant par e,emple que les trè, riche, membre:; (le la corporation des drapiers ru~sent re~lés étrangers à loul cr 1nou,emenl dP:-- rapit;111x. Ainsi, dans le dernier quatt du xnu• ,ièrl•• le n;gime économique e,t cxtrômemenl complexe. Les corporations, un moment abolies par le rameux édit de Turgot de 1773, ont été rétablies, et quoiqu·e11e:; se remcll!'llt mal du coup qui leur a élé porté, clics se dércndc11l encore awc une àprl'lé extraordinaire. El, en face de ce système, corporatif se mcuwnt l,·s Cormes subtiles el variées du capitalisme moderne. Bien mieu,, la subtilile Pl l'acli\'ilr capitalistes pénèlreul à l'intérieur mème des corporations el en lll'(;par,•nl la dis:;olulion prochaine. li y avait dè:; lors une expansion el aussi une organi:;ation capitalistes : les cadres où la bourgeoisie de Louis-Philippe in,Lallcra sa pui,sanre ,u11t préparés dès le Xl'lll ,iècle. La bourgcoi:;ie n'est pas seuleme11l une fore,• d'épargne el de sage:;se : elle est une force con 1uéranle el audacieuse qui a ré,·olutionné en partie le système de la prorlurlion cl des échanges ava11l de révolutionner le s,,tème politique. ~I. Taine 11·amèmc pas soupçonné lt•s problômes essenliels: il n'a mème pas di:werrHi le courant profond de la vie économique l'l il ne s·e,t pas demandé un in:,lant comment, avec le ,yslème reslr iclif des corporations, la bourgcobic avait pu grandir en rirhes,c et en audace. JI a préfcré attribuer la llé,·ol11tion française à la grammaire ùe Yaugelas qui, en appauvrissanl le vocabulaire français, a condamné notre pais aux idé,•s abstraites et au, utopies. L'Angleterre du nm' siècle nous montre avec éclat 11uele régime rorporati[ peut assez longtrmps coexbter dans un pa) s avec les formes les plus hardies du capilalbme moderne. Je lis eucore dan:; ce Oictiolllrairè du comm,·rce de Savary dont lord Chesterfield recommandait si inslamm<'nl l'étude à son fils : « En Angleterre les prilil1'gcs des comnruuauté:; (de:, corporatio11s) formc11l une partie de la liberté politique. Ces corporations ,;appellent mbl,•r·y, nom qui con, ii!nt assez à leur esprit. Partout il ,y esl intr oduil de:, abus.» « En elîel les communautés ont de:; vues parliculillrcs qui sont pre:;que toujours opposées au bien général cl au, 1•ues des li•gi:;lateurs. La pr,•rniè•re el la plus dangereuse est celle qui oppose des barrières à l'industrie en multipliant les frais el les formalités de réception. Jean de Will a écrit : « Le gain assuré des métiers ou des marchands les rl'nd insolent:; et pan•:;,,•u, perrdanl qu'ils c.,cluenl ùcs gens :ort habiles.• 11ai, ce •1ui est à retenir, c·csl que malgré les abus des corporations ou plutôt malgré le système corporatif lui-même, la Hollande du HU' :;iècle el l'Anglderrc ùu x1111é' taient pan·enucs à un dé,cloppemenl économique prodigieu,. La Hollande était l'entrepositaire (•l la banquière de l'unilers. Qua11l à l'Anglele,-rc du xvm• :;iôcle, elle a conquis un empire coloaial

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