IIISTOlllE SOCIALISTE 54l Inules lo; forces combinées de la servilude antique et de la liberté nouvelle; cl qui osera dire que la Rérnlulion pouvait résister à cet as-aut? Ou bien le peuple aurait interprété celle rupture officiPlle de l'Etat avec l'Eglise comme une déclaration de guerre à la religion elle-m,'me, el <1111s l'état des esprit;, avec les habiludes mentales de l'irnmrn,e majorité de, paysans et des oun iers de l'époque, c'était une arme terrible au~ mains de:; agents de la Contre-Révolution. Ils le savaient bien lorsqu'au mois de mü 1700 le b6nédictio dom Gerie, pour arrêter la marche de l'Assemblée qui e,propriait l'Egli•e, préparait la constilution cilile et créait les assignats, prop'l,a tout à coup à la Constituante de déclarer la religion catholique « religion nationale •· Ou bien l'Assemblée, par peur de blesser le seotimeut catholique du pays, cédail, et du coup elle était comme rejetée hors de la philosophie et de la Révolution, acculée peut-être, par la force du principe une fois posé, à d'odieuses mesures d'intolérance. Ou bien, si elle refu,ait, on la dénonçait comme une ennemie de la religion. Si terrible élail le piège que l'Assemblée Cul pendant deux séances comme incapable de trouver sa route. Et quand la force de la tradition catholique pesait à ce point sur l'esprit du peuple, on s'étonne et on s'indigne que la Ré,olulion ne se soit pas heurtée d'emblée, jusqu'à en mourir, à l'immense prt1jngé chrétien du pays. 11faut admirer au contraire qu'elle ait eu l'audace, qui était grande, de faire entrer l'Eglise dans les cadres administratif, de la Rél'olulion et -ou:; la loi commune du suffrage populaire où elle se confondait al'ec toutes les institutions civiles. Comment d'ailleurs la Con,tituante aurait-elle pu séparer l'Eglise de l'Etat, et refuser toute subvention publique nu culte au moment même où elle procédait à l'expropriation générale des hiens. d' Eglise? Je n'entends point par là le moins du monde que le budget des cultes fut une dette de l'Etat envers l'Eglise expropriée. JI n'y a pas de delle de l'Etat, de la Révolution em·ers l'Egfoe. M1is je rappelle que pour faire accepter par la majorité du pays l'admirable mai, audacieuse expropriation révolutionnaire qui fut le salut de la liberté, la Constituante crut nécessaire de proclamer en m0me temps qu'elle assumait les charges aU\quelles les donateurs avaient voulu pourvoir. M. Robinet luim0me sent si bien qu'il était impossible à la Constituant!', dans l'état de:; esprits, d'exproprier l'Eglise sans as,urer le ser>"icedu culte et l'e,btencê des innombrables prêtres répandus dans les parohses el qu'on ne pouvait alfamer san:; péril, que lui-m,'me indique que sur le proùuit de la vente des biens nationaux, une somme aurait pu 0trc réservée pour ménager la transition nécessaire. 11,ds quoi l n·était-ce pas h reconstitution de la propriété commune
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