JIISTOl!lE SOCIALISTE 533 li y a clone de la ConsliLulio11 civile au Concorrlat diminution révolutionnaire. La Constitution civile est beaur:oup plu, laïque, nationale cl démocratique que le Concordai. Elle ne reconnaîl aueu11e puissance étrangère, cl, au fond, aucune p11issance throcrati~nc: c'est la nation qui, dans sa souveraineté absolue el sous la rorme populaire de l"élection, nomme et institue les olllciers d'l,glise. ~lais ce qui reste de la Con~tilution civile, dans le Concordat, c·est le droit, pour un pouvoir d'origine révolutionnaire el laïque, qui reçoit non de !'!,.lise mais du peuple sa légitimité, de désigner les évê 1ues cl les prêtres. Cr, a,semlli\'es d"élecleurs où tous, môme les proleslanl,, même les Juil's, méme les incroyants, concourent à la nomination de l'évêque cl du pr.llrc dans la Con•litulion civile nous semlllenl un peu bizarres, mais n'en csl-il JJOint de même, en rail, mus le régime du Concordat, où des n1i11i,Lrcsclcs cultes, prote;;lants, déistes ou athé,s dl-signent les évêques cl les fllèlres? L'essentiel, c·e,L qu'un pom•oir, qui n'émane pas de l'tglisc et qui représente les droits de rhomrne. c·est-à-dire une conception absolument OJJpOsée à celle de l'Eglise, intervient clans le lonclionncmenl el le recrutement de l'Eglise: c'est là ce qui sunit de la Con,lilution cil ile dans le Concordat: et c'esl là, malg1é tout, un (chec ~'a"e ,, la théocratie. Ceu, qui co urne nou,, souhaitent non seulement la laïcité complète de l'Élal, mais la disparition de lï\gli,c méme et du Chri,tiani,mc, ceux qui allenrtcnt impatiemment le jour où la puisrnnce publique sera libérée de toul contact avec l'Église et où les consciences indiliclucllcs seront libérées de tout conlacl avec le dogme, peuvent croire que la Constitution civile tlu clergé était un piètre ré,ultat el une comuinaison bâtarde; elle est néanmoins, en son rond, el à sa date, un,• hardiesse ré1olutio11naire; cl elle ne fut point, comme on ra dit, une tcn tali ve précaire. En fait, sous l'action ùcs forces rétrogrades el cléricales clic subit, comme la plupart de, in,lilutions révolutionnaires, un terrible déchet; mais il y avait en elle une pari inlangible lie Révolution c1uis'est perpétuée.,. Mais pourquoi la Conslituante n'a-t-elle pas proclamé cre111ulécla séparation de l'Église cl de l'État? Pourquoi n'a-l-elle pas dit que la religion était d'ordre purement privé et que la nation ne devait ni persécuter, ni soutenir, ni salarier, ni réglementer aucun cul le? Pourquoi n·a-L-clle pa,, sui1•anl la fameuse for111ulepositil'i,te, réalisé d'emblée la sé~aratio I du pouvoir spiriritue.1 et du pouvoir temporel? M. Robinet le reproche véhémentement à la Constituante, dans ses études lrôs substantielles sur le mouvement religieu,, à Paris p,•ndan1 la Révolution. J'avoue qu'il y a dans l'interprétation et la criliquo positiviste des faits une sorte de parli pris maniaque qui m'irrite. Conpahles sont les Consliluanls de n'avoir ~as deviné et appliqué 1,, thè,e d'Auguste Comte. Or, cette thèse sur les deux ponvoirs est historiquement fausse el socia-
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