HISTOIRE SOCIALISTE 501 plus profond du sol comme des racines qui s'enchevêtrent. Et c'est cet enchevêtrement profond des intérêts qui a rendu la Révolution indestructible. Mais il me semble, autant qu'on en puisse juger par une énumération où ne figurent point des chilfres, que même dans celle région agricole du Louhanais, c'est la bourgeoisie qui a la l)lus grande part. Qu'on se rappelle t.ous les bourgeois de Lvuhans el tous les bour1,eois des bourgs que nous avons YU défiler, maires, Mpulés, juges de paiA, notaires, avoués, rentiers, marchands; qu'on se 1"<1pp~lleque plusieurs d'entre eux, comme Arnoux, Puvis, Loria onl acheté des terres el des prés dans un très grand nombre de paroisses, on couclura, ,ans doute, que ,'il n'y a eu ni accaparement, ni simple substitution de la bourgeoi,ic à l'Eglise, du moins la bourgeoisie. même en ceLle contrée où elle n'était pas particulièrement forte, a acquis au moins autant, et sans doute plus que le paysan. Daus le G~rd, où la bourgeoisie commerçante et banquière d'Alais, , d'Uzès, de Nlmcs surtout esl plus riche c: puis,aule que celle du Loubanais, la proportion des achats bourgeois aux achats paysans, est beaucoup plus clcvëe. Le livre de ll. François Rouvi~re, dont j'ai dojil parlé, contient la liste des acheteurs pour les l.Jicns de ,econde origine, c·e,t-à-dire les biens des émigrés el les l.Jicns patrimoniaux des commune,, comme pour les l.Jiens de première ori 0 inc, c'est-a-dire les terres d'Eglisc et les biens de la couronne. ~ais les biens des émigré; ne seront mis en vente que plus lard, par la loi du 8 avril 1792. Je ne parle en ce moment que des biens de première origine. Cc qui frappe ici tout d'abord, c'est le grand nombre des acheteurs; il y en a, pour les l.Jicns de première origine, pour le département du Gard, 2,oU!J. Ces achats s'étcnrlenl sur plusieurs annces, mais les plus nombreux et les plus importauts eurent lieu dès 1701 el 17!J2. Ici aussi, il y cul donc un mouvement très rap1d,i à la rob et lrè; ,a,tc. Ce qui frappe en second lieu, c·c,l le très grand nombre de lols de très petite valeur ou de valeur 111éJiocre, accc,siùle, alusi, semule-t-il, à de, acheteurs paunes ou modestes. 'Yoilli, par exemple, une olivette-mtirie, de 54;; liues; une cbene,·ière de 300 livres; u11e terre de 535 livres; une terre de 375 liHes; un bâtiment de 93 livres 10 sols; une terre dite la grantle terre de 1,2-2;; livres; une maison de l,(l()() lhres; une t!e 2,172 li>res; une terre de 3,100 livres; une de 1,0;;Qlivre,; une vigne tl terre de 3,000 livres; une terre de 8,t;;O livres; une aire t.le 130 livres; une garrigue de 1,825 livres; une terre de 400 livres; une de 3,000 livres; une maison avec écurie, grenier à loin, jardin, de 2,33:>livres; deux terres mt1riers de 410 livres; terres mûriers de 3,100 livres; uue maison el des terres de 4,000 livres; une terre de 1;10 livres; une de 5,200 livre,; une de 2,400 livres; une vigne et bois de 525 livres; une vigne-olivette et fruitier de 1.r,oo livres; une terre de 80 livres; si, µ,èces de terre de 3,872 livres; des terres ùc a,050 livres; une terre de 2,050 livre;;; une de 2,500 livres; une de
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