486 ll lSTOlllE SOCIALISTE Il serait téméraire de penser que, malgré toutes les précautions législatives, la fraude ne s·ererça pas. Elle pouvait se produire de deux manières : D'abord le montant exact des baux pouvait être dissimulé (quoique l'opération ~cmble assez malaisée), et surtout quand il n'y avait pas de baux et qu'il fallait procéder à une expertise les experts pouvaient être circonvenus et évaluer trop bas le domaine à vendre. Dans l'immense mouvement de propriété qui s'accomplit alors, le contrôle des ventes ne fut pas toujours possible. El en second lieu il pouvait y avoir entente, collusion entre certains acheteurs pour décourager par la menace ou écarter par la corruption des concurrents fâcheux. Pourtant il semble bien que les acquéreurs aient été généralement loyaux pendant la première période des venteg en 1700, 1791, !792. Sans doute, mémo à cette époque, il y eut des tentatives suspectes. Ainsi, dans le remarquable recueil de documents publié par ~I. François Rouvière sous le titre : /'Aliénation des biens nationaux dans le Gard, je lis un rapport rédigé le 30 avril 1791 par le procureur syndic de Pont-Saint-Esprit : • L'aliénation de quelques objets au prix de 100,000 livres, quoiqu'ils valussent le double selon les rapports qui nous ont été faits, annonce une coalition qu'il importe de prévenir. Les biens nationaux s'adjugent et s'adjugeront très mal, pour le présent, par l'e1îet des coalitions, nous pourrions même dire par les menaces aux prétendants ou par l'argent qui leur est o1îert ou donné, ce dont nous n'avons pas la certitude physique, mais celle de la renommée» (30 avril et 3 mai 1701): )lais celle sollicitude m~mc du procureur syndic permet de penser que J'e1îet des coalitions et de la fraude fut as,ez strictement limité. D'autres témoignages et d'autres faits que j'emprunte aussi au livre de M. Rouvière, présentent l'opération sous un jour beaucoup plus favorable. Car des lcllres du même district de Pont-Saint-Esprit, écrites en décembre 1790 par les administrateurs attestent que les biens sont • avan~ageusemenl aliénés ». • Telle propriété, qn'on estimait assez justement évaluée à 4,212 livres trouve preneur à 11,000 livres ... li ne nous reste qu'un regret, ajoutent les administrateurs, c'est que les lenteurs du comité d'aliénation nous empêchent de profiter d'un moment aussi favorable. » 'fel jardin a1îermé 400 1h res par an fut vendu 11,500 livres. • C'est de bon augure pour les ventes prochaines », écrivent les administrateurs du district de Beaucaire, le 20 décembre 1790 • : • La séance a été tenue avec beaucoup d'appareil el il y a eu un grand concours d'assistants», En fait, les premières ventes, celles qui s'accomplirent sous la Constituante et surtout avant la fuite du roi à Varennes furent probablement les plus loyales el les plus rémunératrices. D'abord les premiers acheteurs étaient certainement (ou du moins beaucoup d'entre eux) des enthousiastes qui ne se risquaient à une opéraiion aussi
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