Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

40;?, lllSTOIRI<: SOCIA L1ST8 étaient r,•mi, m ,is par mois,ju,qu'ù concurrence de 170 millions, en garantie de si·s a1.111c,•asu Tri'sor. 1.a r1rraveur de la Cai,se <1'11:sromptes'6lait étendue aux assignats négocié< par elle, malgré la spécialité et la solidité du gag-e national sur lequel il; rc1,o-aicnt. Ainsi, la llévolution qui avait cru renforcer son crMil du crédit de la Cais-e ,l'Escomplc, n'aboutis,ail qu'à noyer son propre crédit dans le dbcrédit dr celle rai:;,e surmenée. Et ,1·aulre part, coml'lle la Rél'olution ne pouvait négocier directement sur le m ,rché les 230 millions d'assignats qu'elle n'avait point remb à la Caisse d'Esromptc, parce qu'elle ne \'Oulait pas faire concurrence aux assignats dont di,po-ait celle dernifre, l'arrêt subi par les assignats de la Caisse d'Escompte s·etcndait à la totalité des assignats: ils faisaient queue, pour ainsi dire, en attendant que les assignats de la Caisse trouvent preneur: et comme ceux-ci se heurl'1ient à une défiance générale, tous étaient immobilisés derrière eux. La llévolution com1,ril qu'elle devait se dégager de celle ornière, prendre confiance en sa force propre, et établir le contact entre les assignats et Je pays tout entier. 11 fallitil donc faire des assignats un papier monnaie, ayanl cours forcé entre toutes les personnes dans toute l'étendue du royaume. c·esl ce qu' Auson, rapporteur du Comité des finances, proposa à la Consliluanle, dans son beau rapport du 9 avril; il établit d'abord que l'insuffisance du numéraire, ou exporté ou ensel'eli, paralyse les transaclions el qu'il y faul remédier, même par des mécanismes nouveaux. « JI en est, dit-il, de la machine politique, comme ~e celles qui concourent aux travaux de l'industrie: quand le secours des fleuves el des ruisseaux lui esl refusé par la nalure, le flui,le vienl au secours de l'homme ingénitlux qui fait soumettre l'air et le feu aux besoins des arts. Employons à son exemple, la res~ource d'une circulalion nouvelle, an lieu de ces métaux enfouis, qui rerusent de couler daus le Trésor public: el bientôt la grande machine de l'Etat, dont la stagnation vous effraie, va reprendre son activité.» C'est bien en effet une force nouvelle analogue à celle ùe la vapeur el du feu, c·e,t une sorte de crédit ardent et subtil entretenu par la foi de la llévolution en elle-même, qui va serdr de moteur à toute la machine. Qu'on ne compte plus sur le crédit de la Caisse d'Escompte: il est épuisé. Qu'on n'hypothèque plus par des anticipations le proùuit des impôts des années sui vantes: c'esl juslement pour réparer ces désordres que la llévolution s'accomplit. Qu'on accepte pour la vente des biens nationaux, le concours dévoué des mnnicipalilés, mais qu'elles ne soient pas admises à émettre des « billels de municipalilés •• gagés sur les biens dont elles ont assumé la vente: après tout ces billets n'auraient de crédil que si la nalion croyail au succès de la ,ente.

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