Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HISTOIRE SOCL\LISTE AHTh:Lr :l. - J.',\-scmhl1 1e nationale se réservé de désigner inces•amenl les,lils ohjrt, ainsi que de régler la forme et les conrlilions de leur vente, après avoir reçu les renseignements qui lui seront donnés par les assemblées ,:r département, conformément à son décret du 2 novemhre. ARTICLE 4. - Il sera créé sur la caisse de l'extraordinaire des assignats portant intérH à 5 pour cent, jusqu'à concurrence de la valeur desdils biens à vendre, lesquels assignats seront admis de préférence dans l'achat desdits biens. Il sera éteint desdils assignats, soit par lesdites ventes, soit par les rentrées de la contribution patriotique, et par toutes les autres recellcs extraordinaires qui pourraient avoir lieu: 120 millions en 1î91, 100 millions en 1i92, 80 millions en iî93, 80 millions en 1 iOt, el le surplus en 1,95. Encore une fois si l'on constate que rnr les 400 millions d'as~i~nats ainsi créé:; une partie ,crl'ail à mu tenir le crédit des billets de la Cais,ed'Escompte et deYenait ainsi indirectemrnt de la monnaie, et que l'autre partie, remise <lireclemenl aux créanciers n'élail point, môme inùircclemenl, de la monnaie mais fonclionnail inllt"·pendammenl dt•• billet, rie la caisse, il suffira d~ combiner les clcu, caractères, cl do rendre tous les assignais indépendants des billets en leur donnant un rôle de monnaie pour réaliser le type délinilif de l'a-signal ré\Olulionnaire, il e,t donc en germe dans la création confuse et composite du :19 et du 21 décembre 17~0. La droiLe protesta \igourPuscment contre celle première création rl'assignals: elle alla même le 19 décembre jusqu'i1 quiller en masse la ,aile des séances pour essarcr d'cmpèchcr le 1ole, qui ne rut en elîl'l définitif que le 21. Elle Yoyail avec crainte el colère la création de lïnslrument monétaire qui rendrait possible h YCnle du domaine ecclésia,Liquc. Pourtant à celle première rencontre le clergé n'oppo,a pas à celle grande création révolutionnaire la fureur dése~péréc qu'il déploiera <1uelqu<'smois aprè<. D'abord l'émis-ion de 400 millions d'a;;sig,uls lui ix1raissait assez modérée: celle somme ne dépassa il pas, elle n'alleignait m,'mc 1>astoul à fait « le sacrifice " olterl par lu clergti lui-mème, pour faire la part du feu. De plu~. le clcréé pouvait espérer que la vente de son domaine se ferait avec une telle lcnlcur, el de telles difficultés que la Révolution devrait renoncer à celle rcs-ource. En clîel, les as,ignals étaient des billets d'achat, permettant au, créanciers de l'Etat d'acheter des biens nalionau-c: mais les créanciers de l'Etat, ayant en main un litre proùuisanl un inlérèl de 5 pour cent, seraient-ils très pres,és d'échanger ce litre contre des domaines d'un moindre rapport? El si les créanciers de l'Etat directement appelés à acheter le domaine de l'Eqlisc, hésitaient ou même se refusaient à acheter, s'ils craignaient que n:i:li•e exerç11.l un Jour contre eu-c des revendications, est-ce que tous le;; aulrt'S citoyens ne seraient pas découragés par cet exemple el détournés de 1'01,(•ration'l

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