11ISTO! I\E SOCI .\ LJ:iTE La \'ente des biens dï,:giise va ser\"ir, en effet, tout à la fois les financiers amquels elle permettra des spéculations hardie,, les rentiers dont elle assurera la créance, les hommes d"alfaires et le, architectes, auxquels elle d,,nnera le profit dïnnombrahles échanges et de ,a,trs lrarnu,, les nrgo<'iants, indu,lrirls, marchanrls au,1uels elle assurera plu, lar;.:rment l'accè, de la p~opriét6 foncière, les praticiens, petit, marchands ri artisan, de ,·illa,::e auxquels elle livrera dans les e111irons du bourg ou du hameau quelques champs convoités, les notaires de campagne qui trouveront dans d"b:tbiles achat- un fructueux emploi de leurs fonds, et enfin les propi~laires pay-ans qui arrondiront leur petit domaine d'un J,,t arraché au prieuré ou à l'abbaye. Je ne puis entrer dans Ir détail des comhinai~ons financi~res a1orlées qui ne lais-èrenl à la Révolution d'autre ressource que de n:llionaJi,,•r les bien, d'Eglise. Un premi1•r emprunt ouvert dès les premier, moi, échoua, parce que l'Assemblée abaissa le tau, de l'inlérM au-rlessous du chiftre fi,6 par Necker et désiré par les capitalistes, et que ceux-ci craignirent rn souscrivant à un tau, modéré, de créer un prècMenl qui entrainerait ùienlôt une conversion générale el une réduction de toute la delle publiqur. Surtout les porteurs de litres, qui faisaient la R~volulion pour éviter la banqueroute hésitaient à surcharger par un nouvel rmprunl le poids de la delle, el en refu,anl un nouvel etrorl, ils voulaient acniler la nation à prendre de, mesures <lécisirns pour la cons,,\idalion de leur créanre. La voie de l'!'mprunl, oü Necker s'engageait d'al,ord pr<'somptueuscment, était donc fermée. Pournit-on compter sur des dons des sou,nipteurs volontaire,·? JI elll été puéril d'espérer que des mou,ements de généro,iLé sufliraienl à entretenir le budget d'une grande monarchie. o·aillPurs donner, c'était jeter au gouffre. li rt·stail à :'\eckrr deux r,pédients: frapper le rel'enu d'un terrible impôt el négocier a,ec la Caisse d'escompte. La Con,tiluanle, a1ec un coura,::e qui mo nlrc quel pri, immense mettait la bourgeoisie à sauver la 11i'•volulionel à évilE,r la ùanqueroute, vola la contribution patriotique du quart du revenu; c'était un impôt énorme; il fut payé en bien des ,illes avec un noble empressement. Marat, presque seul, le comballit. Il écri\'il qne cet impôt, au lieu (ntre proportionnel devrait être progressif. Et surtout dans des calculs fanta-ti,1ues, qui po, laient le revenu annuel de la France à une quinzaine de milliards, il dcnonçail le complot du ministre c1uialla il se procuri,r prè, ùe trois milliards. EL à quoi, ~elon llarat, consacrerait-il ces sommes énormes? .\ soudoyer pendant plusieurs années une énorme armée pour <'rra,er la Révolution. ,éril<' 1•stque c~t énorme cftorl perm~lLtit à peine il l t France 1l'allcnùre ,ans failli le les premier; effets de l'aliénaliorr des bien; du clergé; car la perception de tous les autres impôts était, rn bien des provinces, comme arrél6e de fait.
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