Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

IIISTOIHE SOCIALISTE gnant « Ioule la satisfaction que la concluile sage des ma!lres-ouvriers fabricants faisait éprouver à la municipalil6 ». Le îourrie,· de Lyo11 approuva l'inlerl'enlion municipale: « Il faul laisser dans les opérations ordinaires du commerce la plus grande liberté, mais ici, où la mis~re lutte presque toujours contre la richesse, il faul nécessairnmcnl que la loi prononce. • C'est à coup ,tir un én'nement économique d"un grand inlér/il: il démontre que quoique la bourgeoisie fûl seule préparée à recueillir le bénéfice du monvement révolutionnaire, la seule apparition de la liberté el d"une démocratie tempérée scrl'ail la cause du travail : il était impossible it labour- . geoisir lyonnaise, clans le règlement des affaires municipales, de ne poinl tenir compte de, inléri•ls de C(', maitres-ouvriers qui pouvaient prendre part au scrulin el former des rassemblements redoutables. ~Jais, quand on se rappelle avec quelle dg11eur. ayec quelle violence Loule la haute bourgeoisie, Loule la grande fabrique (le Lyon résistait depuis un siècle au, revendicalions des maitres-ouvrier,, quand on se souvient que, récemment encore, ù propos des élections au, Elat,-Généraux, les grands marchands protestaient contre la parl trop grande que s"élaienl faite les maîtres-ouvriers aux assemblées d'électeurs, on devine que les riches négociants qui composaient en grande partie la nouvelle municipalité lyonnaise, ne durent céder qu·à contrc-cœur à la pression du peuple travailleur. JI y eul évidemment en eux un commencement de désaffection secrNe à !"égard de la nc,·olution : el je considère cc sourd connit pendant entre la grande bourgeoisie lyonnaise cl les maitres-ouvriers comme une des causes qui prédisposèrent Lyon it la contre-révolution. La grande bourgeoisie s'effraya ou s'aigrit, et le peuple 011vrier n'était point asse1. fort pour prendre en main la HéYOlulion. )lais c'est surtout en juillet 1790, que la municipalité lyonnaise eul à subir la rude pression du peuple. Le mouvement comprimé dans !"été de lî80 recommence dans !"été de iî90, cl cette fois ce sont les élus de la cité que les démocrates cl les ouvric,s lyonnais somment d'abolir l'octroi. Le 5 juillcl, une double pétition, signée par les habitants du faubourg de Porle- 'l'roc el par une assemblée générale de tous les cantons tenue en l"église Saint-Laurent est présentée au corps municipal. Elle demande la suppression immédiate de l'octroi el son remplar.emenl par une taxe locale, les sections devaient être invitées à se réunir en assemblée générale pour déterminer avec plus de détail celle taxe de remplacement. Si la llourgeoisie modérée de Lyon avail eu it ce moment quelque force de résistance, si elle n'avait pas été enveloppée el dominée par le peuple, elle aurait répondu que l'Ass~mhléc nationale n·avail pas terminé la réforme de l'impôt, el qu'en atlendanl le nouveau système, elle avait ordonné la perception nes taxes anciennes. Mais quelques mois à pei11e après la chute du

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