Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

lll~l'OIHli SOCl,\LISTE consulat et le départ dïmhut Colomès, la i:randc bourgeoisie révolutionnaire de Lyon ne pou,·ail. sans paraître ù son tour su•pecte de contre-révolution, entrer dans la mie de la résistance. Allait-on, à propos de, octrois, rrcommenccr contre le peuple la lutte mtnée un an aup:11·.n·ant par l'olii::;archir muniripal,•? Le, officier, municicipaux n'osèrent pas: ils acceptèrent tl'ouHir la discussion et convoquôrent les notables pour former le conseil général de la Commune et délibérer sur Jrs pétitions. C'était appeler l'èlémrnt le plus démocratique et le plus révolutionnaire de la municipalité. Du coup la victoire appartenait au peuple. El la municipalité lui oppo;a juste a-,ez cle ré~islance pour lui faire sentir sa force. Le8juilll'l, à quatre heures de l'après-midi, le conseil général de la Commune ounit la discussion. La salle des séances était pleine, et une fouir de plus de 20,000 hommes cl femmes empli•,ait la cour de l'hôtel dr •,illc el la place des T,•r1rnu,. <:ou, cri te pre,,ion ro, midabl,•. la dl'lihération n'élail guère qu'un simulacre. El le peuple ne permit m~me pas à la municipalité de Yoiler sous des formes légales sa capitulation. A peinr le procureur de la Commune, Dnpuis, commençait-il à rappeler la loi de la Conslituante el ù signaler les difficultés de remplacement de l'octroi, qu'il fut inlNrompn par les cris de: «A ha, Dupuis! à bas le lrallre ! l'aristocrate! ;'\ous paierons ce qu'il faut pour le remplacement; l'argent csl déposé! Poinl d'octrois, poinl de IJarriOres! A ha, les gapéens ! nous ne voulons plus payer : à bas les barrières ou nous les brûlons! Pas tant de politique! A has ! ü has dès ce moment! » f\iul-il noire, comme le dirent et l'écrivirnnt alcrs plnsienr, révolutionnaires lyonnais, que la conlre-révolulion amil fomenté cc soulO,·emenl pour compromettre les autorités nouvelles, susciter un conflit entre Lyon cl l'Assemblée nationalr et effrayer les propriétaires? Que la contre-révolullon ait vu avec plaisir c<'lte agitation el les embarras dont la municipalité était accablée, cela rst certain, n,ais la haine des octrois était ancienne à Lyon, cl il élaifbien naLUrel que quand le peuple rnyail parmi les notables les hommes comme Roland, qui en arnient dès longtemps demandé l'abolition, il l'cxige/J.l;tous ces im11ôlssur le blé, le vin, la viande, réduisaient singulièrement Je salaire de lïmmcnsc penple ouvrier, il n'est point étonnant qu'il se soulevât. La municipalité décida de convoquer les sections. Celles-ci, à l'unanimité, votèrent la suppression des octrois, cl la municipalité enregislra purement et simplement leur déc;sion . • li a été reconnu, disent les considérants de l'arrl\té. que, dans une Yille de manufactures, !a taxe qui porte sur les choses de première néce,sité est le plu, dangereux des im1>êls,que c'est allaguer le principe de l'existence de l'ouvner que de lui ra,ir par une semblable ta,e le, moyens de subsister,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==