Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

IIISTOinE SOCIALISTE Je ne sais quoi de chaotique et de discordant, qui usera la force révolutionnaire en de perpétuels connits. li y a de plus dans la marche de la municipalité nou, elle quelque chose de factice et de contrai11l; elle csl constamment entrainée au delà de sa propre pensée par la force immédiate du pPuple toujours en mouvement. • Ainsi, écrit Maurice Wahl, ce sont les ouvriers en soie qui viennent d'abord demander aux élus de la cité le redressement des vieilles injustices. On se rappelle que le règlement de tî86 avait statué que les façons seraient réglées de gré à gré et à 1>rixdébattu, cl cc régime avait eu pour conséquence un exlrôme avilissement des salaires. Les mémoires présentés par les ouvrier, en janvier I ï80 avaient provoqué un arr~t du con,eil, en date du 8 aoùt, ordonnant quïl serait fait un nouveau tarif par une commission mhte formée de marchands et d"ouvricr,. « Ce tarif aYait été dressé, homologué par un arrêt du 10 novembre, mais il n"élail pas encore entré en vigueur. Les ouvrier, voulaient qu'il fùl enfin appliqué; ils se plaignaient qu'on se prévalOt toujours d"un article du règlement de Ji\\, qui ne leur accordait qu'un délai d'un mois pour i11troduirP leurs réclamations contre les marchands; enfin, ils demandaient que les maitres-gardes qui les représentaient dans le bureau de la corporation fussent nommés à !"élection, et non recrutés par cooptation. lis obtinrent satisfaction sur tous les poinls. • Dans une réunion lenue à Sainl-Jean, ils décidèrenl les mallres-ganles en e,ercice à démissionner et les remplacèrent par des gardes élus; la municipalité sanctionna ce changemer.l, mais en mettant pour condition que les maitres marchands auraient le droit de se faire rcprésenler de la même manière dans le bureau commun de la corporation. Une ordonnance du corps municipal pre~crivil re,écution du tarir el en Ol remonter les premier, elTets au 21 Janvier 1700, date de !"enregistrement de rarrêl d'homologation . . • Le conseil général de la Commune, après a\Oir entendu un e,po-é du procureur de la Commune, Dupuis, confirma cette décision, déclarn que toules décisions contraires au tarif seraient considérées comme abusives el entachées de nullité, N fixa à six mois le délai de prescription, sans toutefois qu'on p0t faire courir le délai pendant le temps que le matlre-ou1rier tra1aillerait pour le même marchand; car, disait Dupuis • rounier est 1èritablement dans la dépendance du marchand, cl il a lieu de craindre d'être privé d'ouvrage et, par conséquent, de tout moyen de subsistance, sïl demandait d'être payé conformément au tarif. • • Une députation des mallres-ouuiers vint exprimer à la municipalit~ les sentiments de gratitude dont ils étaient pénétrés, et déposer entre se& mains une somme de 150 livres, qu'ils la priaient d'olTrir de leur part, comme don patriotique, à l'Assemblée nationale. Le m 1ire leur répondit en témoi-

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