382 UISTOIRE SOCIALISTE néant?» li faJlait vraiment qu'aucune revendication énergique ne s'élevât du pau 1·re peuple, pour que Sieyès pô l faire tenir en équilibre son discours du 21 juillet et son discours du 7 septembre. Mais les combinaisons sophistiques de pensée par lesquelles il éludait le problème, doivent fatalement se dissoudre le jour où réellement le problème se posera. Nous sentons, dès maintenant, je ne sais quoi d'instable el de faux dans le système politique par lequel la Constituante, tout en écartant un grand nombre de prolétaires, prétend respecter les droits de l'homme, de tous les hommes. li y a là je ne sais quel artifice intellectuel qui ne résistera pas à la poussée des éYénements et des forces populaires. Mais en 1780, même après te U juillet, même après les journées d'octobre, la pensée des prolétaires est trop incertaine et leur souffle trop débile, pour dissiper l'étrange sophisme des Constituants. De même, le 29 septembre 1789, quand 'l'hourel, au nom du nouveau comité de Constitution, fait son rapport sur les bases de la repri'senlalion, et quand il apporte à la tribune la formule législalive qui crée des citoyens actifs el des citoyens passifs, aucune protestation immédiate, aucun essai de réfutation : même l'extrême gauche reste muette. Je ne trouve pas un mol de Pélion, pas un mot de Robespierre lui-même. Evidemment ils s'interrogeaient. Le 20 octobre quand l'ordre du jour appelle décidément la discussion sur les règles de la représentation dans les As cmblées municipales provinciales el nationale, le débat est étriqué< et misérable. Seul, un membre de la droite, M. de Montlosier, intervient pour protester contre la distinction des citoyens actif; et des citoyens' passif;. Y avait-il li\ un dessein politique du côté _droit? Michelet parait croire que la droite de l'Assemblée voulait appeler au vote la multitude misérable el dépendante sur laquelle nobles el prêtres avaient encore tant de prise, et qui aurait été la clienlêle électorale de la réaction. Peul-être en efTel celte pensée lraversa-l-elle l'esprit de quelques-uns. Mais l'intcrvenliou du seul Montlosier qui fut toujours, dans sa propre parti, un o,·iginal, un isolé, ne suffit pas à révéler un plan et moins encore à le réaliser. Nous sommes au 20 octobre, et depuis les journées des 5 et O octobre, la droite de l'Assemblée est très désemparée: elle multiplie les demandes de passeports et elle songeait beaucoup plus à sa sécurité personnelle qu'à conquérir insidie~sement les prolétaires. Pour un dessein ausEi hardi, si elle l'avait formé, elle aurait délégué ou Maury ou Cazalès, ou quelque autre orateur de marque et non Montlosier, personnage un peu fantasque el sans grand crédit. La grande question de l'aliénation des biens ecclésiastique, était posée avec éclat depuis le iO octobre par le discours de 'l'alleyrand, le révolutionnaire évêque d'Autun, el sans doute elle absorbait à ce momenl toutes le5
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