IIISTOlllE SOCIALISTE 29 pour se sentir en étal de lulte1· contre la noblr.,-se el l'ÉglisP, m,'me dans !"ordre agricole. Elle se sentait de force i, counir, si je puis dire, toute la surface de la société. li y avait donc des ressources profonde; de llévolulion : Cl si la royauté, si le haut pouvoir séculaire el encore rcspec·lé a,,1il pu prendre la direction de ces forces nouvelles, la transformation révolulivnnaire se fùl probablement accomplie sans secousses. La royauté libératrice aurait trouvé dans la hourgcoisir cl la classe paysanne assez d'énergies disponibles pour n'avoir à redouter ni un rnulèvemcnl arblocralique comme au temps de la Fronde ni un ~ouli·wmcnl catholique comme au temps cle la Ligue. Mais nous avons vu comment elle élail liée au clergé cl à la noblesse qui la perdaient. Elle e,saicra, pour se ,auvcr, pour combler le déficit crcu~é par l'avidité des privilégiés, de- faire appel i, la nation, mais elle y fera appel avec lremblemcnl, cl pour ,auver les privilégiés aulanl que pour ,e sauver elle-même. c·c,t dans celle politique contradictoire el misérable qu'elle périra. Comment a,·ec celle incohérenrc ou celle duplicité du pom·oir royal la Révolution a-t-elle pu s'accomplir'? Quelle en a élé l'occasion'? Quel en a été le moyen? L'occasion de la llé\'olulion a élé le déficit intolérable du budget. Depuis un demi-:-ièclc, la royauté élail sans cesse menacée par l'état de ses finances. Elle avait presque constamment un budget en déficit. La guerre de la Succcs;ion d'Autriche, la guerre de Sept ans, la guerre d'Amérique avaient ajouté de perpétuelles dépenses c,lraordinaircs aux charges ordinaires crobsanles d'un Etal centralisé el d'une Cour gaspilleuse. La monarchie s'était soutenue par d,•s e,pédienls, par des emprunts, par des ,entes multipliées d'offices de tout ordre, par des anticipations, c'est-à-dire par des emprunt, faits au, fermiers-généraux ,m le; rentrées des impôts des années sui\'antes. Mais en nso, Lous ces expédients épuisés, la royaulé était à boul el il fallul bien faire appel à la nation, convoquer les Elals-Générau,. A vrai dire, ,ïl n'y ,nail eu loute une atmosphère de l\évolulion, il pouvait t'lre paré au déficit sans une rénovation de la société. Plus d'une fois déji, dans le cours de nolrc histoire, les Elals-Générau, avaient aidé les !lois dans de; nécessités e~traordinaires el s'élaicnl séparés sans loucher au système social, après al'oir ,implement assuré l'équilibre des finances royales. En 1780 le mal financier était trop profond, trop chronique, pourqu·on pût . le guérir sans loucher aux privilèges d'impôt de la noblesse et du clergé. llais si la nation n·ayail eu d'autre objet que l'équilibre budgétaire, son intervention aurait pu être très limitée. Quand Necker soumit au, Elals-Générau, le 5 mai 1789 l'étal des finances, il avoua un déficit de 56 millions de livres. C'élail l'écart entre les recettes el les àépcnses, mais là n'était pas Loule la gravité de la silualion. Le
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