Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

JIISTOlllE SOCIALISTE s'inqniélait peu du danger que pourrait un jour courir l'Église. Elle était surtout préorcupéc d'elle-même et ,te son fil,. Parlai~, quand elle voyait qu'une seule parole cl'<'lle ,urosait 1lattendrir le peuple cl à abolir des années de haine. elle se lais-ait aller, sans doute, à l'espoir de le conqul'rir par la magie de sa hraulé humiliée et hautaine, par la gràce de son sourire attristé. Quand Bailly, le (l octobre au soir, rt'pétant au peuple immense de l'llùlel-dc-Yille le bref discours du Roi, oublie de reproduire une parole de confiance, la Reine met 1l la lui souffler une sorte d,, coquell,'rie royale. Mais si elle rêvait parfois je ne sais quelle réconciliation avec la foule ennemie et mobile, si clic se penchait aver une sorte Il,• rurio,ilr sur cet al.JIme mom ant, plein de rumeurs de temptlle et de reflet, de soleil, elle ne se li\ rait point sans réserve. Elle gardait toujours la Conlrc•Ré\'Olulion el l'émigration elle-même, avec ses projets insensés, comme une suprême ressource; el, dans son incertitude làlonnante, elle ue fermail devant elle aucune porte de refuge. )lênw iucertitude dans l'esprit du Roi. li arnil de plus que la Heine des scrupules religieux; drjll la suppression des <ilmes, les projets de sécularisa lion des Liens du clergé inquiétaient sa con,cience timorée où le prêtre était si fort. A celte date, mus les coups répétés de juillet el d'octobrr, il veut vi-illlenwnl ess1yer de faire bon ménage a,cc la Rérnlulion. )lais toujours, pour lui au,si, ce 11'e.,1q11·1111 r'-ai, et de là la dualité fonci~re el l'apparente duplicité de Ioule sa conduite. S'il Ill' réu,,it p1Jin1,en lui témoi- ,;nanl confiance, à lirnitcr la Hé,olution, il es,aiera d'autre chose. Cc quïl rl'proche il -on frèr•'. le comte 11'.\rtoi,, cc n·e,l point d'a,oir roru;u le dessein ab,ur,lc el coupable ,le séparer le Roi de la :-.alion, c·c,t de recourir trop LOL, cl a,anl que ctes moi·ens plus tempère, aient l'lè rècunnrr; incfllcaces, a des e,pédienls de désespoir qu'il faut résener pour l'heure supn'mc. De là sa mau,abc humeur contre son frère, de là au:;,i l'ahsi•nce de C<', ,lésaveu, 1n-ccis el secs que )lcrcy-Argenteau ,ollicite, pour coup,•r court à la perpétuelle germination d'intrigues ra,·orisées par une pen,ér• molle. Un moment, le 4 féwier 1700, on put croire que le Hoi l'ai-ail Ullf' démarche déci,ive et s'engageait à fond a\'CCla l\c\'Olulion. li ,c ri•utlrt ,ponlanèmenl 1l l'Assemblée et y prononça un long di-cour, qui pomail p:irallre, en certains passages, une adhésion définitive, irré\'Ocabl<', à J'œu,r" nholuliounaire : • Le l~mps réformera ce qui pourra re,ler de déf,,rluru, dans la collectivu des lois qui auront été l'ouuage de celle A;semblèe, mai; toute entreprise qui tendrait à él.Jranler les principes de la Con,lil11lio11clle-m,'me, tout concert qui aurait ~our but de les renverser ou d'en affaiblir l'heureuse influence, ne serviraient qu'à introduire au milieu de nous lrs maux elîraJanls

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