HISTOIRE SOCIALISTb: 331 Chose curieuse! celle µrande crise des journées d"oclobre semble faire tomber l"elîcn·esccnce révolutionnaire de Paris. :-.ous allons entrer pour deux ans clans une sorte de calme. La Ré,·olulion va se dél'elopper en profondeur avec 'cte faibles agi la lions de su rfacc. La misère, qui avait sui•:i la mauvabe récolle de 1788 et qui avait été a~gra1ée par lïncertilude des premier, jours de la liévolution, ~·atténue très vite; les ,;ub•istances affluent de noul'eau, el le tra,ail se ranime. Le prix du pain s'abaisse ùe qùalre sous à trois sous la lilre. L'hiver de 1î80-1iù0 est d'une exceptionnelle douceur; eu fé1rier, le temps était si beau que Lous les tra1aux de maçonnerie poul'aienl se continuer. Les manufactures sont Lràs acli1es, el les municipalités qui s'organisent occuprnl par des lral'aux publics les oul'riers qui chôment encore: à la tin lie 17VO, elles pourront même rermer la plupart de ces aleliPrs el chantiers, l'activité économique étant très grande dans le pays. La fièvre da la misère el de la faim s·,,pabe donc el la liévolullon peul procéder à son œu vre organique. Aussi bien la surprise lies journées d'octobre, le brusque hasard de l'iolencc qui avait mis en péril la vie du roi avaient inquiété la bourgeoisie révolutionnaire elle-même. L"Assemblée se sou\'enait a\'ec déplabir qu'elle avait été enrnhie, et si elle suivait le roi à Paris, c'était a1ec le ferme projet de couper court, par des mesures très ri;oureuses, à tous les moul'emcnts de la rue. Son autorité réYoluliounaire, immense encore, lui permellra de promuhwer la loi martiale sans soulel'er contre elle un déchainement populaire, el en fait, elle n'aura pas besoin de l'appliquer pendant dru, ans. Le club des Jacobins aidera beaucoup l'Assemblée à régler le mouvement; il di,ci1>lioera les forces rél'Olulionnaires. C'est donc une période d'action légale el équilibrée qui rn s'ouvrir, et dans celle sorte d'accalmie qui succède à tant de crist>s, le5 partis peuvent se fixer el se définir. Chaque homme, chaque groupe d'hommes, procè.le à un examen de conscience et décidément choisit sa voie. Les deux grands partis antagonistes, celui de la Révolution el celui de la cônlre-Révolulion, sont chacun très subdil'isés. Dans le parti contrerévolutionnaire il y a, à !"extrême droite, le parti des princes, intransigeant et brouillon. Le comte d'Artois, frère de Louis XVI, en est le cher. Aussitôt après le 14 juillet, il avait donné, avec le prince de Conti el le prince de Couéé, le signal de l'émigration. De la cour de Turin, où il s'était réfugié, il iolriguail pour provoquer en France des soulèvements el pour entralner les souverains de l'Europe à la guerre contre la liévolution. Les journées d'octobre, frappant d'époul'anle le, aristocrates, hâlèrent le mou,·emenl d'émigration : beaucoup de députés nobles quittèrent l'Assemblée el passèrent la frontière. Le comte d'Artois, dont les propos légers avaient dès longtemps olfensé la reine, agissait spontanément, sans mol d'ordre de Marie-Antoinette
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