HISTOIRE SOCIALIST~ 343 mais encore du droit national à avoir une conslilulion. On n'adopte les articles con,lilutionnels qu·à une condition positive : celui qui peul imposer une condition à une conslilulion a le clroil d·empêchcr ccl lé conslilotion; il met ,a voloulè au-dessus du droit de la nation. • El, rappelant en toute ri!(tieur les principes du Conlral Social, il ajouta : • On vous di l que vos articl,'s conslilulionnels ne présentent pas tous ridée de la perfection; on ne s·explique pas sur la déclaration des droils; est-ce au pou mir exécutif à critiquer le pouvoir constituant, de qui il émane? 11 n'appartient à aucune puissance de la terre d'expliquer des principes, de s'élever au-dessus d'une nation el de censurer ses ,•olontés. Je considère donc la réponse du Roi ~omme contraire aux principes, aux droits de 'ta nation el comme opposée à la Constitution. • A force de logique démocratique, il atteignait à une grande hardiesse révolutionnaire : et, en sa parole, que trop souvent on déclare vague, il y avait un accent vigoureux el décisi[ : " \'ous n'avez d'autre moyen ct·éviter les obstacles que de briser les obstacles. Quelle espèce de re,igion y a-l-il donc à counir les droits de la nation d'un voile qui ne sert qu'à favoriser les atteintes qu·on voudrait leur porter?,. Bouche propose un projet d'arrêté très ne.t cl très agres,if: « La Déclaralio11 des droits de l'homme el du ciloyen el la Conslilulion ,eroot accepté,'s pat· le monarque avant qu'aucun impôt soit accortlé par la nation. La Con,- lilulion étant achevée, le monarque se re11dra dans le sei11 de l'.b5emùlée nationale; là il jurera pour lui el ses successeurs au trône de France olJservation de la Déclaration des droits de l'homme el du citoyen el de la Conslilulion. Le serment prêlé, l'.\ssemblée nationale prêlera le sien pour la nalion en pré•en~e du monarque, pour [ormer la réciprocité entre deux ]'-trlies, dont l'une doiljurer de gùuverncr et l'aulre d'obéir conformément aux lois. • L·ahbé Grégoire parle de la disette et prononce une parole dont nous relr,>uverons récho loul à l'heure dans le discours de Maillard : • Je demande pourquoi celle lettre envoyée à un meuuier avec 200 livres el la promess~ d'autant par semaine, sïl 1•eul ne pas moudre? » Duport, Pélion font allusion au banquet des gardes du corps. Que,tion redoutable, à cause du rôle joué par la Reine. Mirabeau demande que sur ce point on fasse le silence, mais qu'on prenne des précautions en inlerdisaul désormais ces festins militaires : une députation ira demander au Roi « un éclaircissement qui rassure le petJ1)le sur l'effel d'une acceptation conditionnelle. • Visiblement ici encore il cherche à alténuer le choc entre fa Révolution et le l\oi. Un maladroit aristocrate, le marquis de Monspery, croyant embarrasser Pélion, et voulant le compromettre, lui demaode de rediger par écrit el de déposer sur le bureau sa dénonciation relative au banquet des gardes
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