UISTOIR E SOC 1ALIS1' E pas::icr à la France moderne sans un efT01l prul,ahlt•111cnl :>urnulllaiu de cou• rage el de gé11ie. Seuls pourront lullcr conlte l'F.i;li,c les lJourgcois cl les paysans, marchant ù la conquête de la lilJerté cl clu sol. Quelle était l'étendue du domaine de l'(•gli,e? li est assez malai--6 <lele savoir e,actcmcnl. Paul Boileau assure que la 11ohles,eel le clergé po:-,édaient les trois c1tiarts de la terre de France. c·e,t •·Yiùc•mmenl e,cc,sif. Arthur Young, qui a regardé de très près l'étal social cl+' toutes les provinrc,, arfirm" que le nombre des petites propriétés, c'est-à-dire• dt':, petites fermes apparle• nant ù ceux qui les cultivent » est si grand qu'il doit comprendre un tiers du royaume. Or, il c,t certain que, surtout depuis deux siècles, la bourgeoisie achetait beaucoup de terres. Les commerçants, enrichi, dans i., négoce, les manufacturiers enrichis par l'industrie acquéraient de, domaine;. J ai Mjit cité à ce sujt'l le lémoit:nage déci:;if du marquis de Bouillé. et le marqui, cle ~liraheau. l'ami des hommes, parle à plu:,ieurs r(\j)rhes dans sou œuvrc de la durelé des nouveau, maitres bourgeois pour leurs métayers. Toute l'école de Quesnay el des physiocrates, CJltC )Jar, a :,i birn apprlé,• l'école du capitalisme agricole, n·a pas de sens sïl n·y a pas eu au w111• ,it'cle un mouvement marqué des capitaux bourgeois vers la terre. Au contraire l'édit de !HO, dit de main-morte, avait oppo:;é de sél'icux obstacles aux acqui• ,ilion,, territoriales du clergé. Il obligeait celui-ci, quand il re,•cyail un lcg:;, à payer comme droit d'amortissement, le cinquième de la valeur des fiefs, le si,ièmc des bi,!ns de roture cl des eflets mobiliers. El les donations pieuses étaient devenues très rares. Le droit d'amorlis,emenl ne rapportait plus à l'État en 1784, que 200,000 livres. Ainsi pendant toute la deu,ième partie du xnn• siècle l'envahissement territorial de l'Église avait élé, sinon arrNé, au moins ralenti, et dans Je même temps la bourgeoisie déYeloppail se:; acquisitions. Si l'on ajoute celle propriété bourgeoise à coup s0r importante, à la propriété paysanne indiquée par Young, il est certain que c'est plus de la moitié du territoire qui élail possédée par les bourgeois cl les paysans. Au reste, en 1i80, dc,·anl l'Assemblée Constiluanle, dans son discours du 2ft septembre, '.l'rcilhard évalue à 4 milliards l'ensemble des biens ecclésiastiques. Or, comme les immeubles urbains qui avaient une haute valeur sont compris dans cc calcul, ce n'est guère à plus de trois milliards que Treilhard évalue le domaine agricole du clergé. Celle évaluation csl peut-être incomplète, el à vrai dire la Constituante elle-même n'eul jamais un tableau certain des valeurs territoriales du clergé; mais Je chiflre de trois milliards représenterait à peine un quinzième du capital agricole de la France, lei quïl résulte ùes cakul:; très méthodiques el très précis d'Arthur Young. li est donc impossible d'admettre que la noblesse el le clergé réunis po:;- sédaient les trois quarts de la terre de France. li esl bien plus raisonnable de
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