Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

20 IIISTOlf\E SOCI.ILISTE ton, lt» ri1111an, qnr J,, clrri:1' Yotail Ir, fo111I,,·onsrntis par lui 1•l réglait l'a1!111i11i,t1atinn gé1111rate de srs domaines. El cr m(·ùiorrP subside de douze million, u1•t,1il t'nrorr qu'un ,imularr,•. l.r !loi Ir, rr11dail immédialrmenl an clt'rg,1 pour lui permettre de remhonr,,•r )(', emprunts contractés par lui au profil ,111!loi. Au, hr11r,,5 de rri,e n alionale, qua11<1la roia11lé sollicitait du clergé une a,ï:111cr, rrlui•ri ~r ~arclait hien de la con,tiluer an"'c ~es rcs~ources cli~ponibll's. C'eût él6 pnhlirr sa richesse. Il se <lisait panvrc Cl il recourait à l'emprunt. Le !loi s·enga,::,,ail à rrmhours,.r le, créanrirr, par l'intermédiaire du clrrg6. E, i,l.,mnwnt c'était là pure tarti11nr; car n:,::Ii,,• a,ail des disponibilité, con- ;idflrahles. J,, rrlèw dans les ,·ahirrs <111rlrrgé ,l'.llsace un arlicle 011celui-ri ,!,'mande qn,, les romn;unault 1 , de main-morte ,oirnl aulori•ées à prêter de l'argrnl au, n1lti1·atrur,. c·e,t, dil Ir rahirr. pour Nrin,lre l'usure <lrs Juifs. c·e,t aussi, ,·1'rlainenw11t. pour ajouter à la puis,ance terrienne dr r(.:gli,c la puissance que lui donnerait re rôle (1,, rréancirr mêlé à Ioules Ir, affaire, el à Ioule, le, entrrpri-es. En tout ,·a,. r,•la at11•,tr. il l,1 1·rillt' m,'mc dr la Hévol11tion, des rr•~onrcr, mohilièrrs qui auraient permis à r(.:glise de consentir de, ~acriflccs dircrh ,111Tré-or roial. Elle prMérail simuler la d6lrc--e, recourir à l'emprunt, N re,,ai,ir. po11rle ,crYice de ces emprunt:,. le faible sub,i(I<' qu'elle fai,;ail ~P111hlanlcl'olfriran !lui. Les noi:; de France étaient si h,1bitués à cc dé-ordre que 1w11l••'trepri'fi'rai<'nl-ils pouYoir cm prunier ainsi au, moment, difficile-, par l'inl<'rml"lliair,' tle l'lig!i,c. comme aujourd'hui l'État hourgcois quand il cslg,·n& e111pr1111tepar lïnlrrmêdiaire des ron,pagnic~ de clwmit1' de fer. Celte confu,iun du m:dil ecclésiastique et du pournir royal conlrihuail ù la <lépendance de la roiaul<1 . Au rrHe il y a1ait en hit•n des poi11ts pénétration el confusion de la pnis-ance ecf'l,'siastiq ue cl de la pui-,ancc royale N publique. Non seulen1enl la religion calho:iqur élail la ba,e ùe l'ÉL~l; non seulement, le roi était sacré par l'Éi;lise; mais c'est l'l,gli;c qui tenait seule registre df':; nai,..:anrf':-. de, nwriagc,, tirs décès: toulr la ,·it• ci\·ile élail en se~ mai()~. el ce n'eslguùrc que par les slali,tiqncs lrùs incertaines des premières communions que 1,, roi connab,ail les mou,·eml'nls de la populalion de son rnyaume. En re1·anche Ir Roi arnil la nominalion d'un lrès grand nombre d'abbés. Dans beaucoup d'abba)'es, et des plus riches, l'abbé n·arnil pas nécessairement charge d'O.mcs : la he,;ogne cléricale 6lail faite par un prieur résidant ù l'abbaye, comme une sorte d'intendant de la messe, de la prière el de la mortification. L'abbé ne résidait pa,, il se contentait, comme seigneur de ce domaine spirituel, de percevoir de très beau~ revenus. Par la feuille des bénéfices, la royauté dispo<ail ainsi au profil de ses créatures d'une grande partie tics re,·enu, de l'Église. ~lais cet apparent pouvoir était une chaine ùe plus. Car la royauté, ainsi engagée profondément dans le système eccl6siaslique el comme a-,ociée à l'immense para,ilisme clérical n'aurait pu s'affranchir el

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