Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HISTOIRE SOCIALISTE 315 la riches,e. Elle se comp&sail de dt ux élémcnls : la troupe soldée qui \'ivail rla11s de, casernes el• lesvolonlaires •,les« svlù<1lsciloyens». Ccu,-ci étaient Lou, ou presque tous des hou rgeois aisés. l,n lait, pour faire partie de la milice bourgeoise, il fallait payer une somme ass<·zéle1ée. Théoriquement, il rnfOsail d'èlr,. ~lecltur cl domicilié dans le district; ..t ain,i, il semble que même des arti,ans a-;ez 1•at111csy pournienl entrer. i\l ,is le règlem enl imposait l'unif'vrme; el cel uni'orme Lieu à collet vert, aY1•crevers el parements Lianes, étail cher; il coùtaiL quatre louis. Celle oblisation de l'uniforme avait él6 savamment calculée par le Comité mililam, pour con,lil uer une milice de 1,ropriétaires parbiens el de bourgeois aisés. Dès les premiers jours, les grades qui se donnaient à l'élecliou furent avidement ù.spulés I ar la ,anilé el l'intrigue; pilratler en un co,lumc brillant, el faire souverainement la police do la rue, quelle gloire el quel orgueil! l)è, les premio::rs jours aus,i il y cul d0saccord entre la milice bourgeoise el le peuplé qui lui reprochait son esprit d'exclusion, sou arrogance el même sa brulalitc. Je lis dans les Rholutions de Paris, à la date du mardi 18 août : Les garçons perruquier; de la capitale s·as-e1111Jlère11alux Champs-Ely,ées; leur premier surn fut d'euvoyer une députation au district le plus proch;,iu pour den.antler la permission de rester as,emlJlés; un olficier bourgeois sui li de ses miliciens faisait la ronde; il s'approche, les traite de séditieux, menace et frappe réellement de son sabre un de ces garçons qui, voulant parer le coup, reçoit une blessure considéralJle dans le milieu ùe la main. Remarquez que tous ces garçons étaient sans armes el même sans cannes. » La défürnce el la mi'siulelligence allèrent si bien que ùans les journées du5eldu6oclobre, quand la gartJc bourgeoise entraina La Fayette ù \"ersailles, le peuple crul un moment qu'elle allait prèler main-forle aux gardes ùu corps porteurs de cocardes noires el sen ir la Contre-Révolu lion. Le peuple ,e trompait; la garde bourgeoise savail bi~n que tous les droits el même les privilèges· nai,sanls de la bourgeoisie seraient abolis par un retour oliensif de ranci en régime; cl elle ira au secours de la Rlnolulion. Mais ce n'est poinl d'elle que 1iendra l'initiative de la première heure. De même, l'Assemblée des représentants de la Commune était prèle à rt';ious,er les assauts de la Contre-Révolution ; elle s'intlignera de l'exhillilion pro,ocante des cocardes noires, de l'outrage fail à la cocarde tricolore; mais elle ne donnera pas le signal de la prol~slalion révolutionnaire, elle ne prendra pas la direction du mouvement. En ces mois d'août, de septembre el d'octobre, la force d'impulsion esl ailleurs. Il y a/\ Paris plusieurs centres d'action révolutionnaire el populaire. Le plus animé de tous est le Palais-noya!, qui esl une sorle de meeting im-

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