Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

20i UJSTülllE SOCIALISTE " Les dimes en nature eccl6siasticpies, laïqUt·s el inréodées pourront Nre co:l\'erlies en redevances pécuniaires, el raclwtahles, à la volonté des r<'de,·ables, ,elon la proportion qui sera réglée, soit de gré à gré, soit par la loi, ,au rieur remploi à foire par les décimateurs. • Le (l août, c'était donc encore le rachat des dimes. Or, dès le 8 août, à propos d'un projet d'emprunt dépo,é par ~eckrr. le marquis de Lacoste el Alexandre de Lameth demandent non seulement que les dîmes soient abolies sans indemnité,, mais que tous les biens ecclésiastiques soient aliénés. El, le il, quand l'article relatif aux dimes, vient précisément en discussion, quelqnes ecclésiastiques rappellent seuls el vainement, à l'Assemblée, que Je 4, elle en ordonnait le rachat. L'abué de ~lontesquiou, dans nn très habile discours, pour d6fenrlre la propriété corporati \'Cel conditionnelle de l'Église, allaque la propriété individuelle, noble ou bourgeoise: " li est deux ,orles de propriétaires : les propriétaires libres el ceux qui sont chargés d'un ser\'ice public. Une opinion exagérée présente les propriétaires libres comme la classe la plus importante de l'État. Il est plus exact de dire qu'ils en sont en général les citoyens les plus fortuné;. Voilà ce qui les distingue des autres el non une prétendue supériorité sur les autrrs classes. Le grand intérêt de l' {;;tat1·ésidedam les prop,·iétés et non dans tel ou tel p,-op,·ùJtaire. Pour que les terres soient productives, il faut de uons culli\'ateurs, il faut des avances considérables. « Le consommateur oisif du produit net (c'est-à-dire le propriétaire oisif) n'est pas, quoi qu'on dise, la cause la plus essentielle de la reproduction : car le travail el les avances exister,ticnt encore sans doute lors môme que Je consommateur cesserait d'être oisif. Ce qui est important pour l'État est donc que les terres soient bien cultivées el qu'elles payent une rorle imposition proportionnelle. « On ne persuadera jamais à un homme capable de réflexion qu'il y va du salut public, que le produit net restant appartienne à l'homme oiseux plutôt qu'à celui qui, de plus, et à ce litre, est chargé d'11n service public quelconque. Cepmdant, tel est le p1·éjugé en vigueur dans la plupart des têtes, qu'un gros propriétaire libre et puissamment occupr' de ses jouissances personnelles, se regarde bounrment comme l'r!t1·ele plus important, comme l'objet précieux en faveur de qui roule toute la maclti11epolitique, et pour qui doivent travailler 011 s'agiter toutes les classes de citoyens qu'il appelle ses salariés. Que d'erreurs à corriger avant que l'on puisse avoir une bonne Constitution! ·• Ah! quel dommage qu'il n'y ail pas eu à l'Assemblée consliluanle un orateur communiste! Comme il aurait pris acte des accusations réciproques que s'adressaient la propriété corporative de l'Eglise et la propriété individuelle de l'oisir, noble ou bourgeois 1

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