Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HJSTOIRE SOCIALISTE 203 • certain que les constituants ont cru que l'expropriation des biens d'i::glise ferait suffüammeot diversion à la difficile question féodale. lis ont, évidemment, espéré que si les pay;ans étaient réellement et immédiatement libérés de la dîme, si, en outre, ils étaient admis à acquérir une partie du domaine ecclésiastique si ardemment co111·oilè,ils se résigneraient à supporter assez longtemps encore les redevances féodales rachetées avec lenteur. Ainsi, le principal elîort de la Révolution ne porterait pas sur le point douloureux où la propriété féodale, ayant forme de contrai, touchait à la •~~- =- ~ . .- - • =- · =· c,c-- c;;-: LE CUAPELll:::.a. (D'aprh uce estam11e du Musée Caroavalct.) propriété bourgeoise: et la féodalité, déracinée avec précaution, n'emporterait a\'eC elle aucune parcelle adhérente du droit bourgeois. Le mol décisif de Buzot, jeté à l'Assemblée dans la séance du 6 août, nous permet d'affirmer que, dès ce moment, la gauche avait pris parti : Or, si elle était résolue, dès cette date, à nationaliser les biens du clergé, comment pouvait-elle sérieusement instituer le rachat d'une partie des biens d'Église? C'est donc par une symétrie tout à fait trompeuse que, dans la nuit du 4 août, elle a déclaré les dimes rachetables comme les droits féodaux. L'Assemblée ne larda pas, sur cette question du rachat des dimes, à manifester sa vraie 1,emée: en huit jours, du 4 août au ii, le revirement fut complet. L'article 7 du projet d'arrêté, lu le 6 août, portait:

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