IllSTOIRE SOCIALISTE 279 menls; que des gens armés se rendent coupables de violence, quïls entrent dans les châteaux, se saisissent des papic,·s el de Lous les litres et les bri11eot dans les cours. • Déclare qu'occupée sans relâche de toul cc qui concerne la Conslilution et la régénération de l'Etat, elle ne peul, quelque pressants que s ,ienl les objets particuliers qui lui sonl soumis, détourner ses regards de celui auquel elle esl fixée, el suspendre ses lra vaux donl Loule l'importance exige la continuité. « Déclare qu'aucune raison ne peul légitimer les suspensions de payements d'impôts et de Loule autre redevance, jusqu'à ce qu'elle ail prononcé sur les di!Térenls droils; déclare qu'aucun prétexte ne peut dispenser de les J)ayer; qu'elle·voil avec douleur les troubles que ces refus occasionnent, el qu'ils sonl essentiellement contraires aux principes du droil public que l'A,,cmblée ne cessera de maintenir. • Si celle motion amit été adoptée, la Révolution élail en péril. Comment réprimer, en elîel, le soulèvement presque universel des pays·rn, 7 Si on faisait appel à la force exéculive du roi, on lui livrait la France. Si 011 arlllait ,:ontre les paysans les gardes bourgeoises des villes on créail la guerre civile entre les deux forces de la llévolution, la bourgeoisie el les paysans, et l'ancien régime se perpétuait par celle divi~ion. D'instinct l'Asseml>lée recula devant la motion de son Comité des rapports, elle décida seulement 4u'une déclaration serait faile. Déjà, timidement, quelques voix s'élevaient pour défendre les paysans révoltés. Un député obscur, dont le compte rendu n'a même pas recueilli le nom, dit : « Il ne faul pas appeler droits légitimes les droits injustes et, pour la plupart, fondés sur la force et la violence. Il ne faut pas parler des droits féodaux; les habitants des campagnes en allendent la suppression el ce serait les ;rriter que de faire urle pareille déclaration. • )lais il est visible <1ue les hommes les plus influents, ceux qu'on appelait déjà« les cbefs d'opinion• se réservaient. Maintentr la propriété féodale conlre les paysans soulevés, c'était peutêtre faire avorter la Révolution. Mais permellre aux paysans de déraciner violemment la féodalité, n'était-ce point ébranler quelques racines de la propriété bourgeoise? Ce sera, malgré tout, l'honneur de la grande Assemi>lée d'avoir su, à l'heure décisive, s'élever au-dessus de ces hésitations et de ces craintes et d'avoir osé, à la suite du paysan, révolutionner la propriété féodale. Tout d'abord, même dans la séance du soir du 4 aoi1l, on put croire que les scrupules des hommes de légalité et d'ordre strict allaient l'emporter. On put croire qu'ils allaient envelopper la propriété féodale elle-même dans le droit inviolable de propriété. Target, à l'ouverture de la séance, donna lecture, au nom du Comité de rédaction, du projet d'arrêté suivant : • L'Assemblée nationale, considérant
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