Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HISTOinE SOCIALISTE point admis: • Le bon ord,c, la décence el la lil,crlé mi·111cùc, sulTragcs exigent que Sa Majrsté défende, comme elle fait e.\pre,:;émcnl, CJ11'aucune per,onne, autre que les membres des trois ordres composant Il', États Généraux, puisse as,bler à leur <lèlih\ralion, ,oil qu'ils la wcnnenl en commun ou séparément. • Voilà le Tiers mis en cellule, coupe ùe ses cvmmunicalions vivantes a,e~ le grand peuple ,ehèmenl qui le prc,,a;L jusqu'ici el le portail. C'est une sorte d'emùaslillemenl ùes députés des communes : el la royaulo 1,e0lière n'abaissera Jamais le pont-levis. Qu'importe après cela que le roi, dans une ùécla1 ation de ses intentions, ail annoncé qu'il ,oulail .'es économies cl une plus ju,le répartition de l'uup0L? Quand môme ces intentions auraient ét6 sérieuses, quand môme des restrictions cl ùes ambiguités n·enauraicnl pas réduit Ir sens presque à rien, quand meme le roi n'aurait pas e1pre»émenl consacr6 loul le vieu, système féodal • les dlmes, cens, renies, ,b-oils et devoirs {lodau.x el .,t,911c11riau;c ., quelle garan lie nstail à la na lion que le, promesse, ,eraienl Lenue", que les réformes ù'un jour seraienl continuées? Cho,r. i11ouie: le m01.arq11e,en dé,armanl la nation s"étail désarmé lui-même, el lïmpui,,ance du roi h:iranguail la servitude de tous. Débilité el inconscience! Et pourtant, après ces déclarations étranges où s"aftlrmail le ntanl royal, le roi osait dire que le néaul serait tout, ferait tout. Après arnir aùdiqué au profil de la noblesse el du clergé, il prrlendail tout absorber dans son aulotratie: • Yous venez, ~le,sieurs, déclara-L-il d'uue ,oix dure el factice, vous venez d"enlenùre le rè,ullal de mes ùi,positions cl de mes vues; et si, par une fatalité loin de ma peu,ée, mus lll"abandonni!'Z ùans une si belle entrepri,e, ,eu!, je ferai le ùien de me, peuples; seul, je me consiùé1erai comme leur véritalole rep1·é,enlanl, cl connaissant vos cahiers, connaissant l'accord parf,,iL qui e.,isle entre le vœu le plus gé.:ièral de la nalion et mes intenlions bien!aisanles,j"aurai Loule la conUance q1•e ùoil m'inspirer une si rare harmonie. Je vous ordonne, Messieurs, de vous séparer Loul de suite, el de \'OUS rendre demain malin chacun dans les Chambres alTeclées à votre ordre pour y reprendre vos séances. J'ordonne eu conséquence au grand maitre des cérémonies de ,ous communiquer mes rnlonlés. • Ces déclarations du roi livrant à la noblesse el au gran!l clergé les morceaux de son pournir el se chargeanlensuile seul du salut d'une nation qu'il n'avait convoquée qu'à raison même de l'impuissance royale élaient ù'une telle incohérence qu'elles causèrent sans doute plus de stupeur 11uede crainte. Dès la première minute, le roi fut désoboi. Les députés du Tiers au lieu de se disperser comme il en a\ail donné !"ordre restèrent en séance. :llirabeau, qui par la soudaineté de ses inspirations el l'imméùiale vigueur de ses élaus les plus réfléchis élail l'homme des minutes décisives, se lem le premier 1 «... Quelle est cet le insultante dictature? l'appareil des armes, la viola-

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