Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

HISTOIRE SOCli\Ll'iTE 175 lionnaire et la plus féconde, la plus déle,l6e aussi de n:glise qui la cl(·nonce aujourd'hui encore ait été d ahord -u:;gérée par le clergé lui-même pou,s<' à bout llans la nohlcsse, mêmes tiraillements, m,'mcs rirnlilés entre la pamre noblcs,1' rurale ou militaire et la nohll•s,e de Cour. Mais de plus il y ,nait dans ce qu'on pourrait appeler la con,cience politique el ,ociale des nohles une contrarliclion insoluhle. D'une part, ils tenaient beaucoup à leurs privilè;!'Cs. li est vrai qu'en bien !les cahiers ils offrent le sacrifice.de leur prh·il~ge en matière d'impôt: mais presque partout ils mainliconent le vote par ordre. Or celui-ci, en assurant à la nùblesse une primauté politique. r,•ndait fllusoirc la conces,ion d ordre social qu'elle annonçait, car elle pournit louJoms la reprendre; et ,railleur,; elle entend,,il bien, avec le Yole par orilre, s..,u,·er ton, ses droit. 1t-tl.1u,. toutes les rente, fonci,'re,, tous le, rlroit, de champart el autre, qu'elle prélevait sur les paysans; elle dénonc • ,Jan, la plupart de ses cahiPrs le ra·h~t ohligatoire dr, droit, f.-.Od,u, com1111•une atteinte à la pro, 1idô et elle inaugure pour les di•fenllrc 11 manœuvre si ,,.u,enl renou,·rlce depuis par la grande 1ropriélé foncière, par le parti aRrarien et antisémite. Elle prN,•nd que J'aholilion des tlroils fèo laU\ r.. -., Je jeu rlrs « capilalistes •• parce q11'en simplifianl la propri6lé elle rn en 1·,•n:rc plus facile J'accurnulalion aux mains des manieurs d'arg,•nl. EL11011savon, bien en elTet que tant que l'ordre ro~11nuniste ne ,er,, pas réalisé, la propri(:té pa,sera d'une cl.lss•J à une autre l'las-e ,ans que l'ensemble des citoyens, de, produrleur;, y particip,•. ~lai, cc mou,emcnt ,Ir ia proprit't<' n·e,L pa• in<liff('rent nu peu1>lc; en immohili,anl la terre au, m:ii11s ,1,•sSri~1ieur, N de l'Ec:lise il t•ùt fermé les mies à l'a\'Cnir. l,n dcra,·111,nt le ,y,L1?mo féorlal et la puis-anc,• de l'Eglise, il ne trayaillail p:1sdirectenwnt el immé,liale1rn•nl pour lui-nu1me; mais il suscitait la démocratie bnur,;eoise où le prohitariat paysan rt ounier peul se dé,•,•lopper enfin. Au-;:--ile rl1qui~iloirè ,:es nobles C1)11lre le:, lJour3coisriche~, cl,.... ~ féo nux cnnlr.e les capitalistes ,w réu,sira-t-il point à émouvoir le peuple de la ltè,•olulion. Mais pendant que les nobles semblent s'obstiner ainsi à la défense du pas,é, ils suscitent au:;si à leur façon le mouvement rérnlulion11aire. Je ne parle pa, seulement de ceux que la généreuse philo,ophie du xrnr sii•cle avait touthés; c'est comme élu$ de l'orùre ùe, la nohles,e que Laih)'rtle, les Lameth, le duc de là Hochefoucauld-Liancourt entrent à la Con-Lituanie. Mais la noblesse presque toute entière, comme ordre, voulait un changement dans la Constitution politique. Elle réclamait « la liherlé •, et elle entendait par là que la Loule puissance royale devait être limitée, que le despotisme ministériel rle,ail Mre contenu. Au fond, elle avait été vaincue par la royauté, et elle 0\ilit un,' revanche à prendre. Elle ne louvait la prei1dre directement, par uuc t'èYollc des

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