176 HISTOIHE SOCIALISTE ---------- grands feudataires romme all quinzi~me si~cle ou par une nouvelle Fronde. Elle ne pouvait plus espérer comme au temps tlu duc de Saint-Simon et de Fénelon quïl lui suffirait de meure la main sur un prince candide et timoré pour re,sJbir ses droits. Ellé voyait donc avec une complaisance mêlée. il est vrai, de beaucoup d'inquiétude, le mouvement tlu Tier,-8lal. Elle s'innginail, par une sorte de para~ilisme ré,olulionnairc, qu·elle pourrait e,ploiter cc mouvement pour briser l'absolutisme royal, abais•cr les inlcndanls, représentants du pouvoir central, et reconstituer dans les pro\inccs ranlique aristocratie. C"c,t la pensée qui éclate par e,c1111-ledans les c,1hiers de la nobles•e de Chàlillon. • Hequicrt expres,t'ment la nohlcsse du hailliagc de Châtillon que l'administration des biens des commun;iulés, soit réu11ie entre les mains des Etats 1>ro1inciau, ou des admini,lralions provinciales d ,ns le cas même où, ce que !"on ne I cul penser, on ne supprimerait pas les intendants conformément au Yœu unanime de la nation. " Beaucoup de noule, se clisaient que par leur prestige pcr,onnel, pnr ln pnis-ancc tleJn riche,;e et clc leur nom, ils auraient dans les assemblées électhe.s une influence birn supérieure à celle, dont ils jouissaient sous la monarchie; sous l"ancien régime c"élait une oligarchie bourgeoise qui arlminislrait les villes et c"étail !"intendant royal qui élail le maitre de la province. La noblesse hantée l"ar le souvenir du pa,sé qui rrenail la rorme du rêve, attendait d"unc vaste clécentralisation un renouveau de son antique pouvoir. li n·y avait ri,•11ile commun entre celle décentralisation oligarchique el semi-l"éoilale, qui aura il di'com1 osé de nouveau le pays en domaines et suzeraineté~. et la décentralisation démocratique ,ouluc par le Tiers-Etal. Celuici soumettait à la ,olonté nationale la hiérarchie tics assemblées locale, et provinciales; el pour que la décentralirntion administrative ne dègénéràL pas en oligarchie, il ,oulait au sommet une assemblée nationale Ioule puissante. Au contraire le vote par ordre réclamé par la noLlcsse aurait morcelé el annulé la volonté nationale : et aucun pouvoir national et central n·aurait fait équilibre aux suzerainetés locales que l-1 noules,e espérait recOn')uérir. )lai. encore fallait-il, pour jouer ce jeu et pour diriger le mouvement populaire parler de liuerlé et des droits ,le la nation. De là un ,c111hl,nt d"u11,.1imilé rôvolulionnairc qui ne lardera guère à se briser. )lais celle sorte d"équivoque énervait aussi les forces de résistance de la noblesse. On le vil bien quelques semaines après la convocation des ElalsGénéraux, quand la Cour portant au 'l'iers-Elat le coup le plus dangereux, proposa que le roi fQt arbitre des élections contestées; c"élait ap;ieler au roi toute l"autorilé, el éluder le vole par tête au moment où les communes semblaient près de l'obtenir. Si à ce momenLtouLe là noblesse avait marché avec la Cour et secondé la lactique royale;le Tiers-Etat était obligé ou de capituler
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