Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

1î4 IIIS'l'OIRE SOCIALISTE loi. c,rlucnl Loule recherche sur ses opinions, ses discours, ses écrits, ses actions en tant qu'il ne troublent pas l'ordre publicel ne blessent pas les droits· d'autrui. En conséquence de la déclaration des droits de la nalion, nos représentants demanderont expressément l'abolilion de la serl'itude personnelle, sans aucune indemnité; de la serl'ilude réelle, en indemnisant les propriétai'res; de la milice forcée; de toutes commissions extraordinaires; de la violation de la roi puolique dans les lellres confiées à la I oste, el de tous privilèges e.,clusif, si ce n'est pour les in l'en leurs, à •1ui ils ne seront accordés que pour un temps dét('rminé. Par une suite de ces principes, h liberté de la presse doit être accordée; sous la condition que les auteurs signeront leurs manuscrits, que l'imprimeur en répondra et que l'un el l'autre seront responsables des suites de la puolicilé. La déclaration de ces droits naturels, civils et politiques, telle qu'elle sera arri'/{,edans les Etats qén,;raux deviendra la charte nationale et la base du qouvemement (rw1rais. » Qu'on songe bien, après avoir lu ces chapitres du cahier du 'l'iers Etal de Paris que dans tous les bailliages el sénéchaussées de France, le Tiers Etal alfirmail le même principe, adoptait la même méthode, proclamail les mêmes droits rie l'homme el de la nalion, la môme nécessité du vote par tête, la même lactique de lïmpOl subnrdonné au·vole de la Conslilulion el on comprendra quelle force irrésistiole cl une, émanée de la conscience même du pay,, po,-taienl en eux les députés du Tirrs. Eu face de ce Tiers-Etal, si uni, le clergé el la noblesse sonl affaiblis par de profondes divisions dùnl leurs cahiers portent la marque. D'aoord il n'y a pas une très grande bienveillance de la noblesse pour le clergé <1ui,en matière d'impôt, est encore plus priviléëié qu'elle. Ens_uile, dans le clergé, comme nous l'avons vu, il y a pour ainsi dire deux ordres ou même deux classes: le haut clergé splendidemenl dolé, le bas clergé maigreruenl payé cl accablé de dédains. - La lullc va si loin que, dès les premières semaines qui suivent la Convocation des États Généraux les prêtres qui veulent se réunir au Tiers-mat inl'ilenl la nalion à gager el hypothéquer les dettes tle l'Elal sur les biens ecclésiastiques: c·étail frapper la haule Eglise au caiur. C'est le 27 juin que la minorité du clergé réunie hors de la présence des grands <lignilair~ déclare : 11 Que les propriétés de }'Eglise soumises comme les oicns laïques au payement des taxes néce-,aircs pour la défense el la prospérité de l'lllal, servirollt éqalement d1typothèque et de gaqc à l'acquittement de la delle uationale, lor,qu·elle aura élo reconnue el dtlmel!l véri- (iir. »Delà à la nalionalisalion des biens d'Eglise il n·y a qu'un pas el il esl curieux de constater que celle grande mesure d'cxproprialion, la plus révolu-

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