Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

Il ISTOlllE SOCIALISTE dagc, il fallait établir dans chaque communauté <k petits ateliers ùe charili• destinés à occuper el à fixrr le, ouni!'rs cl ou,rii'res rnlides. Et en fait, l'ancien rc~ime el la llé,olulioll recourent lar~ement iL cc mo)en d·assislancr, soit en ou, ranl des chanti,•rs pour tics lrarnu, de ll'rra,,emrnls, soit nu1me en inslilualll ùr, lil,llurcs el li"agcs de coll)n, ,te laine el de ,oie. On en trouvera de numbn•u, cl curi<'U\ c,cnqM, au tome Il du grand rrcueil ..d<· 'l'uelc) sur l'As,i,lanrr pulJlique it Paris pendant la név0lllliOll, sous lt' lilrr spcdal: Atrlfrt, dP c/111l'iti' ,., dP filature. :'iulle pari, celle in,litulioll ne dépasse le nive au philanlropiquc. :'iulle part elle n·csl comprise à la 11todede Louis l31anccomme un mo)Cn d'email• cipalion progrr,,he <les salariés. Dans les fanwux cahiers du Bailli ,g,• ,:e :'iemours, où il a touché si minulieusemenl à tous les prolJl(•me,, Dupont dr :'iemours spécifie birn que toujours, dans les at,•licrs de charil(•, le salaire devra Nie inffrieur au salaire des enln•pri>es pri,ées afü\ de nPpoinl détourner de ct•llcs-ci la main-ù'œu-re el de ne point cncour.1ger la paresse. C-e,t ùonc une ,impie form,' de l'As,blance el de raumônc. Aussi bien commr h' monlrelll les rapports renu·illi, clans le line de TuNPy, lrs Cil· fanls pall\res n•rueillis par les ho,piccs el les maisons religieuses sonl-ib en\'oyés en Mie aux ateliers de charité: c'c,L une dédiarge pour les m'aisous de bienfabance cl c·esl en même temps une accli111alation ùe renranc,• au travail indu,lricl, un recrutemcul de la main-d·œuvre pour la pruùuction capitaliste agrandie. El cho,e ùécisi1c ! même l'aube Fauchet, mème le lerrihle el tonnant abbé qui fond,•ra en lîOO le Cercle sociill el le journal la Buuc!te d, (1!r el qui sera accusé par Camille Desmoulins de prècher la loi agraire, même ce populaire tribun hangélique qui attirail au pied de sa chaire les foules ouvrières ,le Puis ne concevait lui aussi ces ateliers que comme une administration charitable. li a,ail deux grandes solutions au problème social: la Hmilalion des Corlull("\ lerriloriali•,, h mulliplicaLion des asiles pul,lics . .llais 11. Lichlcnbergcr, maigre ses ré,en·e,, n'a vraiment pas assel dit combien tout cela est pau Ire cl mème I iùe de socialisme. En ce qui concerne particulièrement les ateliers publics, M. Lichtenbergcr a le tort de ne pa, rappeler que l'abbé Fat.ehel aussi, LouLcomme Dupont de :'iemours, demande exprc,,émenl que le salaire y soit inférieur au salai1·emoyen del 'indu,trie privée el mesuré au strict nécessaire. Yoici son système c,acl, d·après un chapitre de son livre sur la Religioll nationale, publié en 1780, au, premiers jours des Etals-Généraux. « Les lois dohenl 1,rendre suin des pauHes 11011 pas au point de leur procurer à tous quelque aisance el quelque participalion aux douceurs de la "ie; c'est l'olfice (!e la bonté particulière, el de la générosité personnelle de chaque citoyen, en étal de se procurer à lui-mc!me ce mérite et ce bonheur; mais de manière que

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==