Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

IJISTOlnE SOCIALISTE secours celle véhémeule dén.agogie féodale ~ouvail-elle être au peuple ouHier? Elle le ramenait, sous préle\le de séŒrilé, sous les ,oûtes lJas,es du donjon féodal ou aux cachots de l'esclave antique. De mème, quelle lumière pouvaient trouver dans ~lably, les prolétaire.- parisiens, ouniers des manufactures et des ateliers? li disait bien que le se111 moyen de contenir dans de justes limites la puissance législative• c'e,t d'él.iblir la communauté de biens el l"égalité des conditions, parce quïl n·y a que ce seul arrangement qui pui;se détruire les inlérèls particuliers qui triom1heront toujours de r:nté:-èt général ,,. Il conslalait bie11 avec force l'esclaYage des salariés: • La liberté dont chaque Européen croit jouir n'est autre dwse que le pouvoir de rompre sa chaîne pour se donner à un 11ou1cau maitre. Le be,oin y fait des esclaves et ils sont d'autant plus malheureux qu'aucune loi ne pourvoit à leur subsistance •· ,Jais bien Join d'inviter les prol61aires des grandes 1illcs à profiler de leur nombre mème cl de leur rassemblrrneut pour organiser la propriété commune, il rêrnit un impos,il.rle retour à l'étal purement agricole, et l'anéanlis,emcnt ùe l'industrie. li considérait l'arlivilé urbaine comme immorale el monstrueuse, N la clas,e ouvrière indu,triclle participait, à ses yeux, des vices cl de la bassesse cle l'industrie elle-mème. • Les ouvriers des manufactures sonl YilS "· Ilèl'eries réactionnaires! Car en affaiblissant l'activité des villes el le ressort de !'in luslrie, on aurait préparé non le communisme agraire, mai, une renaissance f0odale. ,J. Lit:hlcnbcrger ne marque pas assez ce qu'il y a de rétrôgade dans ce socialisme prétendu; et quelle prise pouvait-il avoir sur ces ouvriers de Paris qui étaient accourus de lous les points de la France vers la grande ville ardente, et qui y avaient trouvé malgré tout l'exallation de la vie? Dïnslioct 1es ouvriers des manuf aclures étaient beaucoup plus al'ec la bourgeoisie révolutionnaire qui suscitait et élargis,ail le travail industriel qu'avec les préten- (lu, réformateurs qui dans un intérêt de moralité et de simplicité, voulaient ramener au pàlurage commun, trempé de matinale rosée, le troupeau paisible des hommes. De même encore pour ~ecker : les citations que fait M. Lichtenberger pourraient, faute de surfisanles réserves d'interprélaLlon, faire illusion. Oui, il t;lénonce comme la principale cau,e de misère • le pouvoir qu'ont les propriétaires de ne donner en échange d'un travail qui leur est agréable, que le plus petit salaire possible, c'est-à-dire celui qui repré,enle le plus strict nécessaire •· Oui, il cons la te que • presque toutes les institutions civiles ont été faites par les propriétaires. On dirait qu'un petit nombre d'hommes, après s·0tre partagé la terre, ont fait d~s lois d'union el de garantie contre la multitude. On n'a presque rien fait encore pour la classe la plus nombreuse des citoyens. Que nous importent vos lois de propriété! pourraient-ils dire, nous ne possédons rien; vos lois de justice! nous n'avons rien ~ défendre;

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